LE BUSHMAN-CAFE, LIEU DES RENCONTRES ET METISSAGES

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LE BUSHMAN-CAFE, LIEU DES RENCONTRES ET METISSAGES

Plus qu’un café-hôtel, le Bushman-Café est un projet culturel qui allie décoration et passion afin de valoriser la beauté culturelle africaine. Situé à la Riviéra Mpouto, non loin de l’Unicef, le Bushman Café est devenu un des lieux de rendez-vous culturels les plus en vue à Abidjan. Sa décoration, son design et son ambiance sont une démonstration vivante de l’infinité des possibilités de mélanger, combiner et entrelacer des objets, influences et traditions issus des mondes culturels les plus variés.

  • L’espace

En franchissant le portique d’entrée du Bushman Café, ce qui frappe est l’omniprésence du végétal. Rien d’étonnant si l’on sait que le bâtiment a été construit au milieu d’arbres qui ont été conservés intacts. Le revêtement des façades avec du bois maintient le visiteur dans cet écrin de pure nature. Après avoir franchi la grande porte rouge d’entrée, on tombe sur un couloir richement décoré. A gauche, un premier salon servant de coin lecture. A droite, un vestibule qui mène d’un côté au Shakara, lounge bar où de petits concerts live sont souvent organisés, et de l’autre côté, à une grande salle d’exposition où les œuvres des peintres et autres artistes se laissent admirer. Les grandes baies vitrées font abondamment pénétrer la lumière naturelle, faisant à peine oublier que l’on est passé de l’extérieur à l’intérieur. Un escalier rouge mène au premier étage qui abrite les chambres. Enfin, au-dessus, une grande terrasse occupée par un café/bar et un espace restauration, offre une magnifique vue sur Cocody et sur le reste de la ville. Partout dans le bâtiment, aussi bien dans les pièces que les couloirs, des décorations et des objets d’art africains : chaises d’art, statuettes, masques, sculptures, tableaux, … Les matériaux locaux (raphia, paille, bois, calebasses, cauris, pierre, etc.) sont omniprésents, façon de rappeler l’efficacité énergétique des constructions traditionnelles en Afrique et le rôle que peuvent et doivent jouer les bioressources et l’écoconstruction pour réconcilier modernité et environnement. L’art contemporain n’est pas oublié, présent dans le mobilier réalisé par les grands créateurs du Nouveau Design (Philippe Starck, Michael Thonet, Henry Massonnet, Harry Bertoia, Marcel Breuer, …).

  • Daniel Coulibaly

A la date de notre visite (décembre 2017), c’est le peintre malien Daniel Coulibaly qui était à l’honneur dans la grande salle d’exposition. Grâce à ses tableaux empreints d’authenticité et de simplicité, Daniel Coulibaly nous fait découvrir les régions de ce magnifique Mali qui l’a vu grandir. Ses peintures photographient des paysages superbes, allant des dunes sableuses du Nord aux savanes arborées du Sud, avec les scènes de la vie quotidienne des villages traditionnels camouflés dans la brousse, et les mosquées en banco à l’architecture sobre et majestueuse. Sans oublier ce fleuve fascinant, le Niger, qui parcourt généreusement le pays, en donnant vie aux terres arides. Les marchés animés et colorés et les rencontres amicales font partager le sens de la fête des habitants et vibrer au rythme quotidien de leur existence. Toutes les régions du Mali sont peintes : Ségou et les bords du Niger, Kati et son quotidien fait de modernité et de coutumes, Mopti et la mosquée de Komoguel, Djenné et sa grande mosquée, le pays Dogon avec Bandiagara et ses villages perchés dans les falaises, …

  • Bushman

Mais au fait, d’où vient ce mot « Bushman » choisi par le propriétaire des lieux ? On peut imaginer plusieurs origines. S’agit-il des Bochiman (qui vient de « Bosjesman » ou « homme des buissons » en néerlandais), peuple de chasseurs-cueilleurs et plus anciens habitants de l’Afrique Australe, autrefois persécutés par les Bantous (agriculteurs sédentaires), les Boers et les colons britanniques, et vivant aujourd’hui dans le désert du Kalahari ? S’agit-il de Bushman, de son vrai nom Dwight Duncan, chanteur de reggae né en 1973 à Saint-Thomas (Jamaïque) et qui a contribué à la résurgence du reggae en Jamaïque dans les années 1990 ? S’agit-il enfin du label de musique «Bushman Records» producteur de la musique afro-house, ce beat obsédant marqué par les synthés, la basse, la batterie, les percussions, … et né de la rencontre de la house music américaine et des musiques africaines de danse (coupé-décalé, zougou, makossa, batuque, kizomba, …) ?  Quoiqu’il en soit, il s’agit toujours de mettre à l’honneur l’Afrique, avec ses peuples et son histoire.

  • Le Bushman Film Festival

Le Bushman Café a abrité le Bushman Film Festival, premier festival ouest-africain de films court-métrage réalisés avec des smartphones, qui s’est tenu du 26 au 27 octobre 2017. Le BFF a été créé par Alain Kablan Porquet, diplomate et passionné d’arts et de culture, qui appartient à cette nouvelle génération de cinéastes émergeant en Côte d’Ivoire, et plus largement en Afrique. N’attendant plus les appuis de l’Etat, ils vont de l’avant et, autonomes, se servent de la technologie actuelle (ordinateur, smartphone, caméra, …) qui met le cinéma à leur portée en rendant possible de faire un film et d’en assurer le montage. Le BFF, qui a permis aux cinéphiles de découvrir une sélection de 400 films parmi les 1 255 reçus, a surtout été un lieu d’expression du talent et de la créativité de réalisateurs de courts métrages originaux, mais aussi et surtout des occasions de rencontres et d’échanges autour des problématiques du septième art ouest-africain.

  • Être fort

Cette communion, offerte par le Bushman Café, aux racines culturelles de l’Afrique, ne peut qu’aider chacun à être fort et à posséder ce qu’il lui faut pour faire face à la vie, croire qu’il est capable et persévérer dans cette croyance. Bushman Café est un de ces lieux dont on ressort gagnant, ayant eu une rencontre vraie et honnête avec soi-même, une rénovation intérieure amenant à se rendre compte que la solution est en nous et que nous seuls nous rendons la vie dure. Devenir maître de nos schèmes de pensée, faire que la culture rejoigne nos profondeurs spirituelles, et réaliser que s’il n’est pas toujours facile de créer quelque chose de nouveau, ce n’est cependant pas impossible. Il n’y a pas de plus grande richesse que cet état d’esprit vers lequel Bushman Café nous aide à progresser.

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