LE RWANDA, PASSE ET PRESENT

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Le Rwanda (26 338 km2, 10 millions d’habitants) partage ses frontières avec l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi, et la République Démocratique du Congo.

  • Allemands puis Belges

Traditionnellement, la population rwandaise était structurée en clans composés d’éleveurs, les Tutsi, d’agriculteurs, les Hutu, et d’artisans, les Twa, issus des Pygmées, premiers habitants du Rwanda. Les populations avaient un même roi, le Mwami, parlaient la même langue, le kinyarwanda, et partageaient la même religion, basée sur la croyance en Imana, Dieu unique.

La conférence de Berlin de 1885 attribue le Rwanda à l’empire allemand qui, à la fin de la 1ère guerre mondiale, perd sa colonie, celle-ci étant confiée par la SDN à l’administration des Belges. Ceux-ci vont exacerber la distinction entre Tutsi et Hutu, les transformant en véritables castes. A la fin des années cinquante, la revendication d’indépendance des Tutsi incite les Belges à renverser leur alliance au profit des Hutu, qui déclenchent la révolution de novembre 1959 et poussent en exil 300 000 Tutsi. La majorité Hutu prend le pouvoir, avec le soutien des autorités coloniales et de l’Église catholique, et proclame l’indépendance le 28 janvier 1961.

  • Indépendance

Grégoire Kayibanda, un Hutu, devient le premier président. Les attaques des exilés Tutsi provoquent de violentes répressions contre les Tutsi de l’intérieur, avec notamment le massacre de plusieurs milliers de Tutsi en décembre 1963 et un nouvel exode de ceux-ci vers l’Ouganda, le Zaïre, le Burundi et la Tanzanie. En juillet 1973, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda et doit gérer l’extrême droite Hutu, hostile à tout retour des exilés Tutsi. Ceux-ci créent en Ouganda le Front Patriotique Rwandais (FPR) qui, le 1er octobre 1990, envahit le nord du Rwanda, provoquant une répression contre les Tutsis de l’intérieur (8 000 à 10 000 morts) et d’importants déplacements de la population Hutu vers le sud.

En 1991, Juvénal Habyarimana introduit le multipartisme et conclut avec le FPR les accords d’Arusha qui prévoient le retour et l’intégration des exilés Tutsi. Les extrémistes Hutu dénoncent les accords d’Arusha et créent les milices Interahamwe et la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM) qui prêchent une violente haine anti-Tutsi.

  • 1994

Le soir du 6 avril 1994, l’avion ramenant de Tanzanie les présidents rwandais et burundais est abattu, déclenchant le génocide, durant trois mois, des Tutsi et des Hutu modérés. La théorie du « double génocide » met en balance les victimes Tutsi du génocide et les victimes Hutu des représailles de l’après génocide.

Le 4 juillet 1994, le FPR prend la capitale, Kigali. Un gouvernement est constitué sur la base des accords d’Arusha mais l’homme fort du Rwanda devient très vite le général Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, cofondateur du FPR, ancien exilé tutsi en Ouganda. Il impulse un développement économique rapide que certains qualifient de « marche forcée » se faisant au détriment de la démocratie.

  • Economie

Le Rwanda est le pays le plus densément peuplé d’Afrique (presque 500 habitants au km2), les quatre cinquièmes de la population vivant de l’agriculture. L’économie se diversifie, avec un secteur des services en pleine croissance. Les grandes routes qui relient Kigali et les villes de l’intérieur sont en parfait état et contrastent avec les routes de campagne, en terre battue, où les paysans continuent de transporter sur la tête leurs marchandises. Les anciennes régions ont été supprimées et remplacées par quatre provinces (Sud, Ouest, Nord, Est) subdivisées en 30 districts et 416 secteurs. L’anglais a remplacé le français comme seconde langue la plus parlée après le Kinyarwanda et le Swahili, importé par les anciens exilés en Afrique de l’Est. La croyance traditionnelle en Imana, Dieu unique, les récits et épopées, les chants, les tambours et la danse, tiennent une grande place dans la culture de ce pays fait de collines verdoyantes.

  • Kigali

Située à 1 500 mètres d’altitude, Kigali est répartie entre plusieurs quartiers situés sur différentes collines : Kyuvu, Nyarugenge, Kicukiro, Gasabo, Kimihurura, Nyamirambo, … Sa population est d’environ un million d’habitants. Kigali a été fondée en 1907 par Richard Kandt qui avait exploré, entre 1897 et 1907, le nord-ouest de l’Afrique orientale, et avait été chargé d’administrer la région allemande du Ruanda. Avant la création de Kigali, la capitale traditionnelle du Rwanda était Nyanza, siège du roi (Mwami) et le centre colonial était Butare. A l’indépendance (1962), Kigali fut préférée à Butare comme capitale, en raison de sa position géographique plus centrale. Depuis le génocide, Kigali a changé complètement de physionomie. De nouveaux édifices (hôtels, banques, entreprises, bâtiments publics, …) ont été construits. L’ancienne prison, construite par l’administration belge dans les années trente, est un des rares vestiges de la période d’avant 1994. Les importants investissements dans le secteur du tourisme d’accueil ont permis à Kigali de se hisser parmi les villes africaines accueillant le plus grand nombre de conférences et congrès et non plus seulement des touristes venus pour les animaux sauvages et les parcs naturels. En 2016, le Kigali Convention Centre, centre de conférences d’une capacité d’accueil de 2 600 personnes, est venu s’ajouter au Kigali Conference and Exhibition Village, qui accueillait jusque-là les principaux événements. L’assouplissement de la politique des visas (désormais délivrés à l’arrivée à l’aéroport) et l’extension du réseau de Rwandair sont venus compléter l’accroissement du nombre des hôtels et centres de conférence. Avec la construction du futur aéroport international de Bugesera, Kigali ne cache pas son ambition de talonner les grandes capitales d’affaires du continent : Le Cap, Marrakech, Nairobi et Addis Abeba. Ruhengeri, située à 100km au nord de Kigali, est la deuxième ville du pays.

  • Musées

Le pays comporte plusieurs musées qui présentent l’histoire pré-coloniale, coloniale et contemporaine du pays. Situé à seulement cinq kilomètres de l’aéroport international, le Musée du Palais Présidentiel a été créé dans la résidence de l’ancien président Habyarimana. C’est un lieu à ne pas manquer pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire récente du Rwanda. Les explications du guide sont un véritable cours d’histoire. La maison contient plusieurs meubles de la famille et les multiples chambres avec salles de bains. Le clou de la visite est sans conteste l’épave de l’avion présidentiel, qui s’est écrasé dans le jardin, presque sous les yeux de la famille.

Le Campaign Against Genocide Museum est installé dans le bâtiment du Parlement, où un bataillon de 600 hommes du FPR était hébergé avant le génocide, en vertu des accords d’Arusha. De grands panneaux, portant textes et photos, retracent l’histoire du génocide.

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