Liban 3/5 : Baalbeck

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Baalbeck est l’ancienne Héliopolis des Romains. La ville antique, située au nord de la plaine de la Békaa, est composée de ruines de l’époque gréco-romaine, avec en particulier un complexe comprenant trois temples géants construits par les Romains :
– le temple de Bacchus, un des temples les mieux conservés du monde gréco-romain,
– le temple de Jupiter dont il reste six colonnes de granite,
– le temple de Vénus.

Baalbeck est un des sites archéologiques les plus spectaculaires du Proche-Orient, avec Palmyre et Pétra. On n’y trouve pas toutes ces installations qui fleurissaient dans l’empire romain : thermes, théâtres et autres commerces disposés le long d’un cardo. Seuls demeurent les temples consacrés à Baal-Hadad (dieu phénicien du ciel et du soleil), qui devint pour les romains Jupiter Héliopolitain, auquel furent ajoutés Venus (déesse de l’amour et de la fertilité) et Mercure, pour former la triade héliopolitaine à laquelle sont dédiés les temples de Baalbeck.

Ces temples, situés hors d’un grand centre urbain, faisaient partie d’un réseau de sanctuaires que les romains ont parsemé sur les flancs de la montagne libanaise, du Mont Hermon au Sannine en passant par la Bekaa. Avec la christianisation de l’Empire Romain, Constantin fait fermer les temples, les transforme en basiliques chrétiennes. Par la suite, les temples sont détériorés, servant de carrière de matériaux de construction. Puis, les Arabes transforment le sanctuaire en place forte militaire.

Baalbeck continue toutefois d’exister grâce aux peintres (David Roberts réalise à Baalbeck de magnifiques aquarelles), aux architectes (Etienne-Louis Boullée s’inspire du temple de Jupiter dans la conception de sa Métropole), aux archéologues (missions allemandes lancées à la suite de la visite du Kaiser Guillaume II de Prusse, suivies par les missions françaises), aux festivals (Aragon, Cocteau, Oum Koulsoum, Béjart, Alvin Ailey, Rostropovitch, Charles Mingus, Joan Baez, Ella Fitzgerald), aux chercheurs de spiritualité (Baalbeck est, avec Katmandou, Kaboul, Bali, Goa, une étape pour les hippies), …

Le temple de Jupiter, dont il reste six colonnes du péristyle méridional, commença à être construit sous l’empereur Auguste (27 av. J.-C. – 14 apr. J.-C.). Le temple de Bacchus, dont la construction fut ordonnée par l’empereur romain Antonin le Pieux (138-161), fut inauguré par l’empereur Septime-Sévère (193-211)

Sur le flanc gauche du temple de Jupiter Héliopolitain se trouve le temple de Bacchus, moins grand, mais bien mieux conservé. Comme tous les temples romains, il est surélevé et précédé d’un escalier monumental. Sa façade principale a perdu son fronton mais une bonne partie de la colonnade qui l’entoure est toujours là. En haut du bâtiment se trouvent les reliefs sculptés avec une iconographie dionysiaque mais dont les visages ont été systématiquement détruits par les byzantins qui transformèrent d’ailleurs le temple de Bacchus en église. L’intérieur, qui s’ouvre par une porte dont le linteau semble sur le point de s’écrouler, comprend le naos, vaste salle rectangulaire avec un décor de pilastres et de niches sur deux niveaux superposés. Comme à Abou Simbel, le temple de Bacchus était ensablé quand il a été découvert par les voyageurs du XIXe siècle.

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