Sainte Lucie

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1. Géographie

Sainte-Lucie (en anglais : Saint Lucia), est un État indépendant de la chaîne des petites Antilles. D’une superficie de 620 km2, Sainte Lucie est entourée, au sud par les îles de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, au sud-est par la Barbade et au nord par la Martinique. Sa capitale est Castries, où habite le tiers de la population, les autres grandes villes étant Gros Islet, Soufrière et Vieux Fort. La population de Sainte Lucie est d’environ 200 000 habitants, dont 80 % sont des afrodescendants.
Sainte-Lucie est une île volcanique dont le sommet, le Mont Gimie, culmine à 950 m d’altitude. Le Mont Gimie est une véritable réservoir d’eau. De nombreuses rivières y prennent leur source et débouchent dans des vallées fertiles, avant de se diriger vers les côtes est et ouest. Elles morcellent le relief et rendent les communications transversales difficiles.
Gros Piton (798 m) et Petit Piton (750 m), situés sur la partie occidentale de l’île, ressemblent à deux pains de sucre et sont devenus emblématiques de Sainte Lucie. Anciens dômes de lave formant deux aiguilles escarpées plongeant dans la mer, ils font partie des sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.
De part et d’autre du Petit Piton au nord et du Gros Piton au sud, se trouve le volcan Qualibou, aussi appelé Soufrière ou Soufrière de Sainte-Lucie. Le Qualibou fait partie du centre volcanique de la Soufrière incluant aussi les zones géothermiques de Sulphur Springs. La dernière éruption dans la zone volcanique de la Soufrière s’est déroulée en 1766 aux Sulphur Springs.
La Soufrière de Sainte Lucie appartient à la vingtaine de volcans actifs de l’arc des Petites Antilles qui sont, du nord au sud : Mount Scenery (Saba), Quill (Saint Eustache), Mont Misery (Saint Kitts), Nevis Peak (Nevis), Soufrière Hills (Montserrat), Soufrière (Guadeloupe), Morne-au-Diable (Dominique), More Diablotin (Dominique), Morne Trois Pitons (Dominique), Micotrin (Dominique), Morne Watts (Dominique), Grand Soufrière Hill (Dominique), Morne Anglais (Dominique), Foundland (Dominique), Morne Plat Pays (Dominique), Montagne Pelée (Martinique), Qualibou (Sainte Lucie), Soufrière (Saint-Vincent), Kick Em Jenny (Grenade), Mont Sainte Catherine (Grenade).
La plupart des volcans de l’arc antillais n’ont pas connu de manifestation éruptive historique et se caractérisent par de longues périodes de repos éruptif pouvant s’étendre sur plusieurs siècles. L’analyse de leur activité historique met en évidence une fréquence de 5 à 7 éruptions par siècle. La Soufrière de la Guadeloupe est le volcan qui a connu le plus d’éruptions (8) depuis le 17è siècle.
Sainte Lucie appartient au groupe des « grandes » îles (Guadeloupe, Martinique, Sainte Lucie, Saint Vincent, Grenade) dont le volcan ne couvre pas l’ensemble du territoire et n’expose donc pas toute la population en cas d’éruption. L’indice d’exposition volcanique (nombre de volcans actifs/superficie du territoire) est : Saba (1/13 km2), Saint Eustache (1/21 km2), Dominique (1/84 km2), Nevis (1/93 km2), Monserrat (1/102 km2), Saint Kitts (1/177 km2), Grenade (1/311 km2), Saint Vincent (1/344 km2), Sainte Lucie (1/616 km2), Martinique (1/1 100 km2), Guadeloupe (1/1 438 km2).

 

2. Colonisation

Sainte Lucie aurait été, en premier lieu, habitée par les Ciboneys, entre 1 000 et 500 avant Jésus Christ. Cependant, les preuves certaines de présence n’existent que pour les Arawakks, venus d’Amérique du Sud vers 200 à 400 avant JC et qui ont laissé de nombreux témoignages archéologiques (poteries surtout). Vers 800 avant JC, les Caraïbes déciment les Arawaks et prennent possession de l’île. Les Caraïbes ont une organisation sociale complexe avec des rois héréditaires et des shamans. Leurs pirogues de guerre peuvent contenir plus d’une centaine d’hommes. Ils opposeront une résistance féroce aux premiers européens.
Contrairement à de nombreuses autres îles des Caraïbes, Christophe Colomb n’est jamais venu à Sainte Lucie. Malgré cela, la croyance s’est perpétuée que Sainte Lucie fut découverte (par les espagnols ? par les français ?), le 13 décembre 1502, qui est devenu la fête nationale.

L’île a été nommée en l’honneur de Lucie de Syracuse ou Sainte Lucie, vierge et martyre au 4è siècle, lors des persécutions de Dioclétien.

Un fait établi est que les premiers arrivants européens débarquèrent le 23 août 1605, au nombre de 67, du navire « Oliph Blossome » commandé par le capitaine Nicholas Saint John et qui avait dévié de son chemin pour la Guyana. Peu après le départ du navire, les nouveaux arrivés furent attaqués par les Caraïbes. Seuls 19 européens survécurent et quittèrent l’île.

En 1638, un certain capitaine Judlee arrive à Sainte Lucie avec 300 hommes qui s’y installent sans histoire durant 18 mois mais doivent fuir, ayant été attaqués et tués en grand nombre par les Caraïbes.

3. Affrontements anglais-français

Les français affirment que Sainte Lucie a été accordée par Richelieu à M. D’Esnambuc en octobre 1626.
Durant deux siècles, les français et les anglais ne cesseront de s’affronter sur cette île qui changera 14 fois de main avant de devenir définitivement anglaise par le traité de Paris en 1814.
M. de Parquet, Lieutenant-General of Martinique, nomme alors M. Rousselan gouverneur de Sainte Lucie qui y reste jusqu’en 1654. Malgré les accords négociés entre les gouverneurs français de Saint Christophe et la Guadeloupe et les gouverneurs anglais de Nevis, Antigua, et Montserrat, les français accaparent Sainte Lucie.
Le Traité de Bréda, signé le 31 juillet 1667 par l’Angleterre, les Provinces-Unies, la France et le Danemark.met un terme à la deuxième Guerre anglo-néerlandaise (1665-1667) et officialise la présence française à Sainte Lucie.
Quand la Compagnie des Indes Occidentales Françaises est dissoute en décembre 1674 par l’édit de Saint-Germain en Laye, Sainte Lucie est directement rattachée au royaume de France et devient une dépendance de la Martinique. Les anglais tentent de reprendre Sainte Lucie à plusieurs reprises : en 1672, 1686, 1700, 1722, …
En 1713, la Paix d’Utrecht consacre la présence de la France à Sainte Lucie et un grand nombre de colons français s’installent sur l’île.
Après l’expédition anglaise de décembre 1722, le Traité de Choc (1722) déclare Saint Lucie territoire neutre. Le Traité d’Aix La Chapelle (1748) renouvelle cette neutralité.
En 1762, les Anglais attaquent la Martinique et Sainte Lucie qui passe sous leur autorité le 25 février 1762. Cependant, le 10 février 1763, le Traité de Paris restitue Sainte Lucie à la France.
Durant 15 ans, les Français mèneront des travaux de fortification de l’île, en particulier sur le Morne Fortune. La capitale sera transférée de Petit Carenage à Castries.
En décembre 1778, l’amiral Barrigton débarque avec 5 000 hommes ans le Grand Cul-de-Sac Bay, et chasse de Sainte Lucie son gouverneur français, Claude François Anne de Micoud. L’Amiral Jean Baptiste Charles Henri Hector, comte d’Estaing, accouru de Martinique, ne parvient pas à reprendre l’île. En octobre 1780, le Comte de Grasse essaiera à nouveau, mais sans succès, de reprendre Sainte Lucie. Le Traité de Versailles de 1783 rendra Sainte Lucie aux français.
Après la mort de Louis XVI (21 janvier 1793), Sainte Lucie refuse de se rallier au parti des planteurs de Martinique et reste fidèle au roi. Le 1er décembre 1792, le capitaine de vaisseau Raymond Lacrosse, arrive dans les eaux de la Martinique. Il est envoyé par le Conseil Exécutif Provisoire (créé le 10 août 1792 par l’Assemblée Législative) avec pour mission de « faire connaître les évènements glorieux de la République » et de convaincre les Îles du Vent et Sous le Vent d’adhérer à celle-ci. Il est aussi porteur du décret du 21 septembre 1792 de la Convention, abolissant la royauté. Appelé par les nouvelles institutions de Sainte Lucie (assemblée coloniale et municipalités patriotes), Lacrosse en fait son centre logistique. Il y installe les administrations patriotes : gardes nationales, tribunaux, municipalités. Les biens des émigrés sont séquestrés. La loi du 4 avril 1792 est appliquée, avec l’admission des libres de couleur dans les clubs et sociétés populaires. L’année suivante, la Convention Nationale envoie le Général Ricard comme gouverneur. Il arrive le 3 février 1793 et promulgue, le jour suivant, le décret abolissant l’esclavage dans les Antilles françaises.
La guerre qui éclate bientôt entre la France et l’Angleterre se transporte aux Antilles et le 4 avril 1794, le drapeau anglais est hissé au Morne Fortune par le prince Edward qui laisse derrière lui comme gouverneur, Sir Charles Gordon. La contre-offensive menée par les esclaves libérés et les troupes républicaines finissent par avoir raison des anglais qui évacuent l’île en juin 1795. Moins d’une année plus tard, le 26 avril 1796, 12 000 hommes, sous le commandement du Lieutenant-General Sir Ralph Abercrombie, débarquent à Sainte Lucie et hissent en peu de temps les couleurs britanniques à Morne Fortune.
En 1802, le traité d’Amiens rend Sainte Lucie aux français mais le 19 juin 1803, les anglais, partis de la Barbade, la reprennent. Sainte Lucie restent entre les mains des Anglais auxquels le Traité de Paris de 1814 la rétrocèderont officiellement. Signé le 30 mai 1814, le traité de Paris fixe les frontières de la France après la défaite de Napoléon Ier, exilé à l’île d’Elbe. Le Royaume-Uni rétrocède à la France la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion mais conserve Malte, l’« île de France » devenue l’île Maurice ainsi que Tobago et Sainte-Lucie aux Antilles.

4. Indépendance

Pendant quelques années, Sainte Lucie sera administrée séparément avant d’être rattachée au Gouvernement des Îles sous le Vent (Government of the Windward Islands) avec la Barbade, Grenade, Saint Vincent et Tobago, jusqu’à ce que cette administration soit abolie le 31 décembre 1959.
A compter du 1er janvier 1960, Sainte Lucie sera administrée selon une constitution propre, un conseil exécutif et un conseil législatif.
Le 1er mars 1967, Sainte Lucie devient un Etat Associé, prenant en charge ses affaires intérieures et ne laissant à la Grande Bretagne que la responsabilité de la défense et des affaires étrangères.
Le 22 février 1979, Sainte Lucie devient un Etat indépendant, en tant que royaume du Commonwealth. Un royaume du Commonwealth (Commonwealth realm) est un des seize États indépendants membres du Commonwealth qui reconnaissent le chef du Commonwealth, actuellement la reine Élisabeth II, comme étant leur chef d’État. Ces États sont ainsi unis les uns avec les autres à travers leur souverain, la reine d’Angleterre. La reine est représentée dans chaque État par un gouverneur général. La Reine n’est pas le chef du gouvernement et a un devoir de réserve dans les pays dont elle est la souveraine.
L’actuel gouverneur général de Sainte Lucie est Pearlette Louisy, en poste depuis le 17 septembre 1997. Comme elle, plusieurs gouverneurs généraux des Etats du Commonwealth sont des femmes : Antigua-et-Barbuda (Louise Lake-Tack, depuis le 17 juillet 2007), Belize (Elmira Minita Gordon, du 21 septembre 1981 au 17 novembre 1993), Barbade (Ruth Barrow de juin 1990 à décembre 1995, Sandra Mason, de mai à juin 2012), Grenade (Cecile La Grenade, depuis mai 2013), Bahamas (Ivy Dumont, de novembre 2001 à février 2006), Saint-Vincent-et-les Grenadines (Monica Dacon de juin 2002 à septembre 2002).
Le pouvoir exécutif relève du Premier ministre. L’actuel Premier Ministre de Sainte Lucie est Kenny Davis Anthony. Il a été Premier ministre de Sainte-Lucie de 1997 à 2006, puis de nouveau depuis novembre 2011. En tant que chef du Parti travailliste de Sainte-Lucie, il fut le leader de l’opposition de 2006 à 2011. Il est le sixième premier ministre de Sainte Lucie, après John Compton (février à juillet 1979, puis mai 1982 à avril 1996, puis décembre 2006 à septembre 2007), Allan Louisy (juillet 1980 à mai 1981), Winston Cenac (mai 1981 à janvier 1982), Vaughan Lewis (avril 1996 à mai 1997) et Stephenson King (septembre 2007 à novembre 2011).
Le Parlement de Sainte-Lucie comprend deux chambres : la chambre basse (House of Assembly), possède 17 sièges désignés au suffrage universel direct pour cinq ans ; la chambre haute (Senate) possède 11 membres nommés par le Gouverneur général.
La répartition, par les français, de Sainte-Lucie en onze paroisses a été maintenue par les anglais : Anse-la-Raye, Canaries, Castries, Choiseul, Dennery, Foresty, Gros-Islet, Laborie, Micoud, Soufrière, Vieux-Fort.

5. Économie

Le tourisme, l’agriculture (banane, mangue, avocat), les petites entreprises assurent l’essentiel des revenus de l’île.
L’émigration de Sainte-Lucie est importante. Au Royaume-Uni, près de 10 000 citoyens britanniques sont nés à Sainte-Lucie et plus de 30 000 sont originaires de cette île. Aux États-Unis résident près de 14 000 personnes originaires de Sainte-Lucie.
Un prix Nobel est originaire de Sainte-Lucie : Derek Walcott, prix Nobel de littérature

Sources :
1) Abel A. Louis. Les libres de couleur en Martinique. L’Harmattan.
2) HISTORY OF SAINT LUCIA http://www.un.int/stlucia/history.htm
3) Wikipedia
4) Les commandants de la colonie française de Sainte Lucie. Généalogie et histoire de la Caraïbe. N° 227. Juillet-août 2009.
5) L’inégalité des territoires insulaires de la Caraïbe face aux menaces volcaniques. Thierry Lesales. Etudes Carribéennes, n° 7.

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