Guyana 1/3 : Généralités

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I. Géographie
Le Guyana (« terre d’eaux abondantes » en langue arawak) fait partie du groupe des trois Guyanes (avec la Guyane française et le Suriname) qui s’étirent entre le delta de l’Orénoque et celui de l’Amazone. Avec une superficie de 214 970 km2 et une population de 800 000 habitants, c’est la plus grande et la plus peuplée des trois Guyanes.
Le pays est en grande partie recouvert par la forêt tropicale disséquée par les nombreux fleuves, criques et chutes d’eau, notamment les chutes de Kaieteur sur le fleuve de Potaro. Les tepuys (haut plateau à contours très abrupts, fréquent au Vénézuela, Brésil, Colombie et dans les trois Guyane) du Guyana ont été rendus célèbres par le roman d’Arthur Conan Doyle Le Monde perdu, en 1912.

Le paysage du Guyana peut être approximativement divisé en trois régions : une étroite plaine marécageuse le long de la côte atlantique, une ceinture de sable blanc à l’intérieur du pays avec la forêt vierge et la plupart des gisements de minerai, et des montagnes et savanes qui recouvrent la plus large partie du pays. Le point le plus élevé est le mont Roraima qui s’élève à 2 772 m. Les principaux fleuves sont l’Essequibo, le Demerara, le Corentyne et le Berbice.

Le Guyana a en commun 1 119 km de frontières avec le Brésil, 743 km avec le Venezuela et 600 km avec le Suriname. La capitale du Guyana est Georgetown.

Les cultures principales sont le riz, la canne à sucre, le café et les agrumes. Les ressources minérales les plus importantes sont la bauxite, le manganèse, l’or et les diamants. Les principales exportations sont la bauxite, le manganèse, les pierres précieuses et le rhum. La population est composée de descendants de l’Inde (51 %), de l’Afrique (30 %), d’Européens (11 %) et d’Amérindiens autochtones. Les principales religions sont le protestantisme (31 %), l’hindouisme (29 %), le catholicisme (8 %) et l’islam (7 %). Parmi les pays d’Amérique du Sud, le Guyana est le seul État du Commonwealth et le seul pays anglophone. Sans compter les autres Guyanes, c’est le plus petit pays de l’Amérique du Sud (après l’Uruguay qui couvre 176 215 km2).

II. Histoire
Avant l’arrivée des européens au début du 16è siècle, la Guyana était habitée par les Arawaks. Les Néerlandais furent les premiers européens à s‘installer en Guyana, où ils créèrent trois colonies : Essequibo (1616), Berbice (1627), et Demerara (1752). C’est la Compagnie des Indes Occidentales Néerlandaises qui géra leur développement économique, fondé sur la canne à sucre et le coton. En 1814, ces trois territoires furent cédés aux anglais qui en firent en 1831 une seule colonie nommée la Guyane britannique. Sous l’autorité britannique, la population amérindienne fut réduite à l’état de minorité par l’afflux de populations africaines et indiennes.
Le Guyana se dota d’une Constitution en 1928 et devint indépendante le 26 mai 1966. Un des artisans de cette indépendance fut Cheddi Jagan, d’origine indienne. En 1950, il fonda le People’s Progressive Party ou Parti progressiste populaire (PPP), et devint Premier ministre en 1953. La Grande-Bretagne, qui le taxait de communiste, suspendit la Constitution libérale. Ce n’est qu’en 1957 que de nouvelles élections ramenèrent au pouvoir Jagan. Entre temps, son parti s’était scindé en deux et un nouveau parti, le People National Congress (PNC), conduit par Forbes Burnham, était né. Si Jagan apparaissait comme le représentant des Indiens, Burnham était celui de la minorité africaine. Enfin, un troisième parti apparut, le mouvement blanc de l’United Force, dirigé par Peter d’Agniar.

En 1962, Jagan mit en place un programme d’austérité économique qui provoqua de violentes émeutes et une grève générale. Les troupes britanniques intervinrent pour rétablir l’ordre, en février 1962, puis en 1963. Les désordres prirent un caractère racial. Lorsque le calme fut rétabli, le pays se trouvait au bord du chaos économique.
Dans un climat de guerre civile, le gouvernement britannique chargea alors Forbes Burnham de former un gouvernement de coalition. Le 26 mai 1966, le Guyana devint une nation indépendante. Il rejoignit l’ONU en 1966 et la Caribbean Free Trade Area (CARIFTA), future Caricom, en 1968. Le 23 février 1970, le pays devint la République Coopérative de Guyana et Arthur Chung devint son président.

Le PNC remporta les élections en 1973 et en 1980, mais le PPP contesta les résultats. Burnham fut alors reconduit au pouvoir, d’abord comme Premier ministre puis comme président. La situation économique se dégrada avec des niveaux élevés d’endettement, d’inflation et de chômage.
Burnham gouverna jusqu’à sa mort, en 1985, et Desmond Hoyte lui succéda. Il resta en poste jusqu’en octobre 1992. Cette année-là, des élections supervisées par des observateurs étrangers portèrent à nouveau Jagan et son parti au pouvoir. Sous son mandat, le Guyana essaya d’attirer les investissements étrangers afin de favoriser la reprise économique.
En 1997, le Président Jagan décède et c’est sa veuve Janet Chagan qui lui succède. Elle démissionne en 1999 et c’est le Premier Ministre Bharrat Jagdeo qui est chargé de prendre les rênes du pouvoir avant d’être élu président de république en mars 2001.
Les principaux présidents du Guyana, depuis l’indépendance, ont donc été Arthur Chung (mars 1970 à octobre 1980), Forbes Burnham (octobre 1980 à août 1985), Hugh Desmond Hoyte (août 1985 à octobre 1992), Chedi (octobre 1992 à mars 1997), Jagan Bharrat Jagdeo (du 11 août 1999 au 3 décembre 2011), puis Donald Ramotar, depuis le 3 décembre 2011.

Depuis l’indépendance, les premiers ministres ont été Forbes Burnham (mai 1966 à octobre 1980), Ptolemy Reid (octobre 1980 à août 1984), Desmond Hoyte (août 1984 à août 1985), Hamilton Green (août 1985 à octobre 1992) puis Samuel Archibald Anthony Hinds, premier ministre presque sans discontinuer depuis 1992.

En 1978, un terrible évènement a porté le Guyana sur la scène mondiale. En 1974 est créée la communauté Jonestown à une dizaine de kilomètres de Port-Kaituma par le révérend Jim Jones. Cette communauté de la secte du Temple du Peuple rentre dans l’histoire le 18 novembre 1978 par le suicide collectif de 914 personnes dont 276 enfants.

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