Dominique 1/3 : Généralités

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1. Géographie

La Dominique est montagneuse (son point culminant, le Morne Diablotin, s’élève à 1 447 m) et est parcourue par 365 rivières (une pour chaque jour de l’année, selon la légende populaire) et 30 chutes d’eau. C’est d’ailleurs grâce au relief escarpé de l’île que les Indiens Caraïbes ont échappé à l’extermination. En 1903, la Couronne Britanique a reconnu leur existence légale et leur a concédé un territoire de 1 480 ha, l’Indian Carib Reserve, situé autour de la petite ville de Salybia, au nord-est de l’île. 3 000 indiens y vivent encore.

La Dominique compte 70 000 habitants dont le tiers vit à Roseau. L’île dépend du tourisme, de la banane (30 % des emplois) et des services (40 % de emplois). Bien que l’anglais soit la langue officielle, 80 % de la population s’exprime en créole français.

2. Histoire

La Dominique (754 km2) a été découverte par Christophe Colomb le 3 novembre 1493, lors de son second voyage. Ce jour étant un dimanche, il décida de nommer cette île « Dies Dominica », le jour du Seigneur.
En 1625, lors de la guerre de Trente Ans, l’Espagne cède la Dominique à la France. Au cours du 17e siècle, Français et Anglais s’affrontent pour gouverner l’île. En 1660, Français et Anglais abandonnent l’île aux Caraïbes et la déclarent zone neutre pour mettre fin aux conflits, par la signature d’un traité de paix entre les Français, les Anglais et les Caraïbes.
Déjà installés à la Martinique et à la Guadeloupe, les Français s’implantent petit à petit à la Dominique en y introduisant la culture du café. Ils importent des esclaves africains pour combler la main-d’œuvre dont ils ont besoin. Mais les Britanniques s’approprient de nouveau l’île en 1759. À l’issue de la guerre de Sept Ans, par le traité de Paris (1763), la France cède la Dominique à l’Angleterre ; mais entre 1772 et 1814, les Français rompent le traité et s’emparent par deux fois de la Dominique. En 1814, après une dernière tentative de reconquête en incendiant de nouveau Roseau, les Français abandonnent définitivement l’île en échange d’une indemnité et cette dernière redevient britannique.
L’esclavage est aboli à la Dominique en 1833. Comme il ne le fut qu’en 1848 dans les îles voisines de la Martinique et de la Guadeloupe, de nombreux esclaves s’enfuirent de ces deux îles pendant cette période, pour se réfugier en Dominique.
En 1898, l’île reçoit le statut de Colonie de la Couronne britannique. En 1956, elle acquiert son indépendance au sein de l’éphémère Fédération des Antilles britanniques et, en 1967, elle devient État associé au Commonwealth. L’indépendance de la Dominique est déclarée le 3 novembre 1978, lors du 485e anniversaire de sa découverte par Christophe Colomb.
La Dominique est une république démocratique qui combine des aspects du modèle républicain et du « système de Westminster ». Le Président est élu par le parlement, et a un mandat de cinq ans (art.18 de la Constitution). En accord avec l’article 59 de la Constitution, il choisit comme premier ministre un député qui a l’appui d’une majorité au sein du Parlement.

La Dominique est divisée en dix entités administratives appelées paroisses (parishes) : Saint Andrew Parish, Saint David Parish, Saint George Parish, Saint John Parish, Saint Joseph Parish, Saint Luke Parish, Saint Mark Parish, Saint Patrick Parish, Saint Paul Parish, Saint Peter Parish.
Il demeure encore 3000 indiens, préservant leurs traditions, sur la côte est.
Charles Savarin est le président de la Dominique depuis octobre 2013. Il est le 8è président de la Dominique depuis 1978, les précédents étant Sir Louis Cools-Lartigue, Fred Degazon, Jenner Armour, Aurelius Marie, Sir Clarence Seignoret, Crispin Sorhaindo, Vernon Shaw, Nicholas Liverpool, Eliud Williams
Depuis janvier 2004, Roosevelt Skerrit est le Premier ministre. Il a été précédé par Patrick John (1978-79), Eugenia Charles (1980-1995), Edison James (1995-2000), Rosie Douglas (février à octobre 2000), Pierre Charles (2000-2004), Francis Osborne Riviere (6 au 8 janvier 2004).

 

3. Mgr Bowers et Mgr Félix

La Dominique a donné deux grands évêques au reste du monde : Mgr BOWERS et Mgr FELIX.

Mgr Joseph Olivier BOWERS est né à Massacre, sur la côte ouest de la Dominique, au nord de Roseau, en mars 1910. Il a été ordonné prêtre dans la Society of the Divine Word (Société du Verbe Divin) le 22 janvier 1939 à Rome puis envoyé au Ghana. Le 8 janvier 1953, il est nommé évêque auxilliaire d’Accra (capitale du Ghana) et ordonné évêque le 22 avril 1953 par le Cardinal Francis SPELLMAN, archevêque de New York, à Bay Saint Louis (Mississipi, Etats-Unis). Il sera ainsi le premier évêque noir consacré aux Etats-Unis mais non pas le premier évêque noir-américain. En effet, James A. Healy, entré en 1852 au séminaire St Sulpice à Paris, a été ordonné prêtre à Notre Dame de Paris le 10 juin 1854 puis évêque de Portland (Etats-Unis) le 2 juin 1875. Mgr BOWERS, qui succèdera à Mgr Adolph Alexander NOSER, allemand, sera évêque d’Accra pendant 18 ans, jusqu’au 16 janvier 1971. L’œuvre pastorale de Mgr BOWERS sera extrêmement féconde : le nombre de catholiques triplera et les vocations sacerdotales fleuriront. Il fondera en 1957 une congrégation locale de religieuses missionnaires, les « Sisters of the Handmaids of the Divine Redeemer (SHDR) », ainsi que plusieurs établissements scolaires dont, à Accra, le Saint John College and Seminary, devenu aujourd’hui le Pope John Senior High School and Minor Seminary.

En reconnaissance pour son extraordinaire fécondité pastorale au Ghana, Mgr BOWERS sera nommé premier évêque d’Antigua, à la création en janvier 1971 de ce diocèse qui recouvre deux Etats indépendants (Antigua & Barbuda, et St Kitts & Nevis) et trois territoires britanniques (Montserrat, Anguilla et les Îles Vierges Britanniques). Il prendra sa retraite en juillet 1981 et reviendra à la Dominique. Les sœurs SHDR viendront alors le voir à la Dominique pour l’inviter à prendre sa retraite au Ghana. Mgr BOWERS retournera vivre au Ghana, à Agomanya, à 72 kms au nord d’Accra. Pour son 100è anniversaire, plusieurs personnalités se déplaceront à Agomanya : le Président de la Dominique, Nicholas LIVERPOOL, le Cardinal Peter TURKSON, Préfet du Conseil Pontifical Justice et Paix, ainsi que plusieurs évêques ghanéens. Le président du Ghana, John Atta MILLS, fera une déclaration où il rendra hommage à l’immense contribution de Mgr BOWERS au développement spirituel, moral et éducatif du Ghana. Mgr BOWERS est décédé au Ghana le 5 novembre 2012, à l’âge de 102 ans. Après Mgr BOWERS, deux évêques ghanéens ont exercé la charge d’évêque d’Accra : Mgr Dominic Kodwo ANDOH, du 3 juillet 1971 au 30 mars 2005, puis Mgr Gabriel Charles PALMER-BUCKLE, en poste depuis le 30 mars 2001. Le secret de cette vie exemplaire a été la simplicité de Mgr BOWERS ainsi que sa profonde piété.

Mgr Kelvin Edward FELIX est né à Roseau (Dominique) en 1933 et a été ordonné prêtre en 1956. Il a été ordonné évêque le 5 octobre 1981 par Mgr Paul Fouad Naïm TABERT, nonce apostolique à Trinidad, et a été archevêque de Sainte Lucie du 17 juillet 1981 au 15 février 2008, date à laquelle Mgr Robert RIVAS lui a succédé. L’archidiocèse de Sainte Lucie couvre les diocèses de Saint Vincent, de la Grenade, de la Dominique et d’Antigua. Revenu en Dominique en 2007, pour y prendre sa retraite, Mgr Félix a été nommé cardinal par le Pape François au consistoire du 22 février 2014.

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