Panama 1/3 : Généralités

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I. Généralités

A. Géographie
La naissance de Panama est due à un évènement géologique surgi il y a près de trois missions d’années et qui a vu l’émergence d’une frange de terre séparant les eaux de la mer des Caraïbes de celles de l’océan Pacifique, et réunissant le continent nord américain à celui de l’Amérique du Sud. La formation de cet isthme permit une importante circulation de flore et de faune entre les deux continents. Plus tard, les peuples arrivés d’Eurasie par le détroit de Behring purent poursuivre leur migration vers le sud.
Ce rôle de pont de Panama se poursuivit avec la construction au vingtième siècle du canal interocéanique.
Le Panama est composé d’un plateau central compris entre deux chaînes montagneuses qui descendent doucement vers la côte Pacifique et la côte Caraïbe. La chaîne de montagne située à l’ouest est la sierra de Tabasará dont l’altitude moyenne est de 1 525 m, et le point culminant est le Barú (3 475 m), un volcan éteint. La chaîne orientale est la cordillère de San Blas et la serranía del Darién, dont l’altitude moyenne est de 915 m.
Entre les deux chaînes, on trouve des collines de 100 à 450 m, des vallées et des plaines, toutes couvertes de forêts, parfois épaisses. Des flancs des deux chaînes montagneuses environ 325 rivières rejoignent le Pacifique et 150 la mer des Caraïbes.

La bande étroite que forme le Panamá a une largeur moyenne de 100 km et s’élargit au centre sud dans la péninsule d’Azuero, qui ferme le golfe de Panamá.
La population du Panamá s’élève à 3 millions d’habitants, composée à plus de 75% de métis (d’origine amérindienne et européenne) et de mulâtres (issus d’Africains et d’Européens), et d’environ 6% d’Amérindiens de souche (Cunas, Guaymis, Chocos).

Les deux plus grandes villes sont Panama City, la capitale (un million d’habitants) et Colon (200 000 habitants). Les deux langues les plus parlées sont l’espagnol et l’anglais.
Le Panamá dispose d’une Assemblée de 67 membres élus pour cinq ans au suffrage direct.

B. Economie
L’économie du Panama, petit pays de 3,5 millions d’habitants, repose sur quatre piliers : la Zone franche de Colón (2ème plate-forme de redistribution de biens de consommation au monde, après celle de Hong Kong), le Centre Bancaire International (100 banques totalisant 82 milliards $ d’actifs), le canal (infrastructures portuaires et de logistique) et le système des pavillons de complaisance (Panama possède la deuxième flotte la plus importante du monde). Le Panama capte 5 % du commerce maritime mondial (hors pétrole) et 31% du commerce Asie-Pacifique/côte Est des Etats-Unis. Un nouveau facteur d’expansion est venu s’ajouter. Il s’agit du hub aérien des « Amériques » de la compagnie Copa Airlines, entreprise fleuron du pays.
De grands projets sont prévus : construction d’un 3ème jeu d’écluses sur le Canal de Panama qui doublera sa capacité dès 2015, avec en corollaire des projets portuaires et de nouveaux ponts; métro de la capitale avec 4 lignes d’ici 2025.
Environ 8% de la surface du pays est consacré à l’agriculture, les principales cultures étant la banane, la canne à sucre, le riz, le maïs et le café. La banane est la principale production agricole (environ un quart des exportations) et provient à 70 % de la Chiriquí Land Company, filiale de United Brands (ex United Fruit Company), à 25 % par des producteurs panaméens privés et à 5 % par l’entreprise publique Corporación Bananera del Atlántico. Le volume de production de la banane panaméenne diminue progressivement, United Brands préférant investir au Costa Rica et en Equateur où les coûts sont moins importants. Entre 1970 et 2000, la production a chuté de 20 % passant de 1 000 000 à 800 000 tonnes (source FAO).
La forêt panaméenne produit divers types de bois, en particulier de l’acajou.
L’unité monétaire du Panamá est le balboa, qui est divisé en 100 centésimos.

C. Histoire
C1. Découverte
L’histoire du Panamá a été très influencée par la position stratégique de cet isthme étroit au carrefour de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud, de l’océan Pacifique et de l’océan Atlantique. Les tribus indigènes pré-colombiennes (Cunas, Chocos, Guaymis) n’ont pas bâti des civilisations similaires à celles des Mayas ou des Incas, mais avient elur propre culture.
La population indigène était constituée par les Caraïbes, les Chocos et les Chibdas qui occupaient les terres de l’ouest. Venant du Venezuela, Rodrigo de Bastidas (1501), est le premier européeen à arriver sur la côte du Panama. Puis, en 1502, Christophe Colomb débarque dans la baie de Portobelo,qu’il appelle Veraguas. Il y installe une colonie (Santa María de Belén) qui ne se maintiendra pas.
En 1510 Diego de Nicuesa s’établit à Nombre de Dios, et Vasco Núñez de Balboa fonde Santa María de la Antigua de Darién, C’est Balboa qui, à la suite de plusieurs explorations, découvrira, en 1513, l’océan Pacifique. Pedrarias Dávila fonde Panamá (1519) et Natá (1520) et consolide le chemin entre Nombre de Dios et Panamá.
Sur la côte Pacifique, l’exploration est lente. En 1522, Pascual de Andagoya entend parler pour la première fois d’une riche contrée appelée « Birú » (Pérou). Entre 1528 et 1532, Francisco Pizarrro monte trois expéditions qui aboutiront à la découverte et à la conquête de l’Empire Inca.
L’isthme devient rapidement le passage obligé du flux colonial : dans un sens, de Nombre de Dios à Panama, le transport des marchandises venant d’Espagne et destinées à ‘Amérique du Sud, et dans l’autre sens, de Panama à Nombre de Dios, les minéraux, métaux précieux et trésors en provenance du Pérou et acheminés vers l’Espagne. Nombre de Dios est fortifié contre les attaques de flibustiers, pirates et autres corsaires. Mules et esclaves sont employés à porter les objets de valeur jusqu’à Nombre de Dios côté Atlantique. Dans ce port de transbordement, la deuxième flotte espagnole basée à l’arsenal de Carthagène prenait ensuite en charge la cargaison pour l’amener en Espagne. Le port n’était pas occupé tout au long de l’année mais seulement à la saison d’arrivée des convois des deux flottes. Le trafic à Nombre de Dios passe de 10 000 tonnes/an entre 1531 et 1540, à 100 000 tonnes/an entre 1561 et 1570. En 1593, Portobelo remplace Nombre de Dios.
Le seul relai entre les territoires américains et le Conseil des Indes, à Madrid, est la Real Audiencia de Saint-Domingue, créée en 1511 et qui a autorité sur l’ensemble des Indes occidentales espagnoles.
En 1538, l’Audience Royale de Panama est instituée et l’isthme devient la grande route commerciale pour l’exportation vers l’Espagne des métaux précieux du Pérou. En 1543, Panama est rattaché à l’Audience des Confins (Guatemala). En 1563, l’Audiencia du Guatemala est fermée et transférée à Panama. L’Audiencia de Panama s’étendait du port de Buenaventura (Colombie) jusqu’au golfe de Fonseca (Nicaragua). L’Audience Royale de Panama est supprimée et remplacée par le Commandement Général de Tierra Firme, basé à Panama, qui dépend à la fois de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade (Colombie) et de l’Audiencia de Santa Fé de Bogota.
A partir du 16è siècle, les villes du Panama essuient des attaques répétées des pirates, corsaires et flibustiers français, hollandais et anglais (Drake en 1572, Morgan en 1671). De 1739 à 1742, Portobelo est occupée par l’amiral anglais Vernon. Les soulèvements indiens sont également fréquents.

C2. Camino Real
Après la découverte de la mer du Sud par Vasco Nuñez de Balboa, le 25 septembre 1513, et la fondation de la ville de Panama en 1519, la construction de cette voie terrestre pour connecter les deux océans devient de première importance. Il consistera à reprendre des sentiers empruntés depuis des millénaires par les indigènes. Le chemin, qui relie Panama à Nombre de Dios et est long de 90 km sur 1 m de large, sera empierré et recouvert d’une couche d’argile par les espagnols. Il faudra entre quatre et cinq jours pour que les convois de bêtes (ânes, mules, chevaux, …) et d’hommes (esclaves indiens puis noirs) transportent à travers l’isthme les marchandises venant d’Europe dans un sens et les richesses prises en Amérique et envoyées en Espagne. Placés tout au long du trajet, quatre haltes (les ventas) permettent aux hommes et aux bêtes de se reposer et se ravitailler. Le parcours, étroit, pentu et rocailleux, oblige parfois les hommes à marcher sur leurs mains et leurs genoux. Par ailleurs, les pluies, et le passage des montagnes et rivières occasionnent des pertes de marchandises et parmi les hommes et bêtes de bâts. C’est ce qui incite les espagnols (Capitaine Hernando de la Serna) à reconnaître le cours du Río Chagrés, fleuve qui passe à 25 km de Panama et débouche sur l’océan Atlantique après avoir traversé l’isthme. Un chemin pavé est tracé entre Panama et le fleuve. La venta construite au point d’embarquement s’appelant Venta de Cruces, ce chemin sera dénommé le Camino de Cruces. Désormais, on pourra charger jusqu’à 16 tonnes de marchandises sur des embarcations à fond plat. Une fois arrivées à l’embouchure du Chagres, les marchandises seront transbordées sur des navires allant à Nombre de Dios.
Le transport fluvial par le Chagrès sera très utilisé à partir de la colonisation du Pérou et surtout après la découverte des mines d’argent de Potosi. Cependant, de nouvelles difficultés apparaissent : la durée du trajet n’est plus de 4-5 jours mais de 2-3 semaines et les accidents ne sont pas rares. En 1586, une barge chavire et perd entièrement son chargement d’argent. Ceci décidera les autorités à réserver la voie fluviale aux marchandises de moindre valeur, le transport des métaux précieux (or et argent) se faisant exclusivement par le Camino Real.
Le riche trafic maritime espagnol va vite attirer les convoitises des autres nations européennes et de leurs pirates et corsaires qui feront subir aux convois espagnols attaques sur attaques. Ceux qui naviguent entre l’embouchure du Chagrés et Nombre de Dios seront les plus exposés. Le pirate anglais Francis Drake détruit à plusieurs reprises Nombre de Dios (1572, 1585-86, …). La couronne espagnole décide alors de construire une ville fortifiée à un autre emplacement : ce sera Portobelo, protégée par une baie et des collines où des forts pourront être construits, et qui sera fondée en 1597. Sur la côte Pacifique, les mêmes problèmes se poseront. Panama sera détruite en 1671 par le pirate Henry Morgan et reconstruire 8 km plus à l’ouest. Le Camino Real sera utilisé pendant encore presque deux siècle et abandonné vers 1825-26. La construction de la voie ferrée Panama-Colon en 1855 et la création du lac artificiel Alajuela (1931-1939) finiront de le faire tomber dans l’oubli. Le Lac Lajuela, dont la surface est d’environ 50 km2, fût construit sur le Río Chagrés entre 1931 et 1939 pour contrôler son flux et approvisionner le réseau électrique. Durant la saison, il découvre des tronçons immergés du Camino Real et les vestiges de la Venta de Chagres.

C3. L’encomienda
La colonisation espagnole des Amériques met en place le régime de l’encomienda. Ce système est très similaire à celui du fief et du servage qui avait cours en Europe au Moyen Âge. Dans l’encomienda, la Couronne confie (encomendar) un territoire et la population indienne qui y vit, à un colon espagnol (encomendero) qui perçoit d’eux la corvée (travail) et doit, en contrepartie, les protéger, les convertir au christianisme et les « civiliser ». Les indiens sont rapidement dépossédés de leurs terres et réduits en esclavage. Ils meurent en grand nombre sous le poids du travail dans les mines et dans les domaines agricoles, du portage, des marches forcées et de la cruauté des châtiments.
Les Lois de Burgos (1512), puis le Lois Nouvelles (1542) viennent en réponse aux rapports des pères dominicains sur les mauvais traitements infligés aux indiens. Elles abolissent l’esclavage des indiens en les proclamant sujets de la couronne et en précisant que désormais leur travail devra être rémunéré et qu’à la mort de l’encomendero, l’encomienda ne sera plus transmise aux héritiers mais remises à la Couronne . Ces nouvelles lois sont très mal accueillies par les colons qui ne sont pas prêts à renoncer à leurs « droits ». Des révoltes éclatent un peu partout, au Pérou et au Mexique. La plus connue est celle menée par Gonzalo Pizzaro. Blasco Núñez Vela, nommé en 1544 vice-roi du Pérou par le roi Charles Quint, arrive à Lima en mai 1544, après être passé par le Panama, décidé à appliquer les nouvelles lois en faveur des indiens. Gonzalo Pizarro (frère d’Hernando Pizzaro qui le 29 août 1533 mettra à mort l’empereur Atahualpa avant de soumettre les Incas) et Francisco Carvajal mettent alors sur pied une armée de partisans avec la ferme intention de supprimer ces lois. Pizarro et Nunez Vela s’affrontent le 6 janvier 1546 à la bataille d’Anaquito (près de Quito, actuelle capitale de l’Equateur). Pizarro en sort victorieux et Nunez Vela est tué. Pizarro est le maître du Pérou pendant deux ans. Des nouvelles troupes royales arrivent du Mexique en 1547, conduites par Pedro de la Gasca. Elles sont à nouveau défaites par Pizarro en octobre 1547 à Huarina mais la victoire change de camp à la bataille Jaquijahuana, le 9 avril 1548, Pizarro étant capturé et exécuté. Avec le temps, les nouvelles lois resteront non appliquées et le sort des indiens ne changera pas. Une autre révolte des colons éclatera en 1553, conduite par Francisco Hernandez Giron, qui sera capturé et exécuté, montrant toutefois la détermination des colons à maintenir le statu quo dans les colonies. Les encomiendas disparurent à la fin du 18è siècle, mais l’exploitation de la main-d’œuvre indienne persista dans de nombreuses régions de l’Amérique espagnole, grâce au système de l’hacienda. La colonisation espagnole entraînera un effondrement démographique des Amériques, tel que beaucoup d’historiens parlent de génocide. Tel est le point de vue de Tzvetan Todorov dans son livre « La conquête de l’Amérique » : « En 1500 la population du globe doit être de l’ordre de 400 millions, dont 80 habitent les Amériques. Au milieu du 16ème siècle, de ces 80 millions il en reste 10. Ou en se limitant au Mexique : à la veille de la conquête, sa population est d’environ 25 millions ; en 1600 elle est de 1 million. Si le mot génocide s’est jamais appliqué avec précision à un cas, c’est bien à celui-là. C’est un record, me semble-t-il, non seulement en termes relatifs (une destruction de l’ordre de 90% et plus), mais aussi absolus, puisqu’on parle d’une diminution de population estimée à 70 millions d’êtres humains. Aucun des grands massacres du 20ème siècle ne peut être comparé à cette hécatombe ».
Panama est d’abord rattaché à la vice-royauté du Pérou puis à celle de Nouvelle-Grenade.

C4. Evangélisation
Par la bulle du pape Alexandre VI du 14 mai 1494, le roi d’Espagne reçoivent la mission de convertir les populations indigènes d’Amérique à la foi chrétienne. La bulle du pape Léon X de 1521, Alias felicis, autorise les franciscains à partir en mission en Amérique, et une autre bulle, Exponi nobis fecisti, du 9 mai 1522 organise cette mission. Les franciscains seront donc les pionniers de cette évangélisation, suivis ensuite par les dominicains, les augustins, et après le concile de Trente, les jésuites. Le clergé séculier s’installera ensuite. Tous ces religieux créeront également des écoles et des universités.

C5. L’indépendance
Au début du 19e siècle, plusieurs faits vont amoindrir l’autorité de la couronne espagnole sur ses colonies d’Amérique, déclenchant leurs aspirations indépendantistes : la défaite de la France et de son alliée l’Espagne à Trafalgar, entraînant la destruction de la flotte espagnole, l’invasion du Portugal en 1807 par les troupes napoléoniennes avec pour conséquence l’affaiblissement de la couronne espagnole, la guerre de succession entre Charles IV et son fils Ferdinand en 1808, et mise sur le trône de Joseph Bonaparte.
Bien qu’invité à participer aux juntes indépendantistes de Quito, Santa Fe ou Carthagène, Panama reste fidèle à a couronne.
Les trois provinces qui constituent l’isthme de Panama se proclament successivement indépendante : Le Villa de Los Santos le 10 novembre 1821, la province de Panama le 28 novembre 1821, et la province de Veragua (partie occidentale du Panama) le 1er décembre 1821. Le Panama indépendant rejoint la Grande Colombie, née lors du congrès de Cucuta réuni d’août à octobre 1821 entre la Nouvelle Grenade et le Vénézuela.
Le 3 novembre 1903, soutenu par les Etats-Unis qui s’étaient vu refuser par la Colombie le droit d’y construire un canal interocéanique, Panama, après trois années de guerre, se sépare de la Colombie. Quelques jours après, le 18 novembre, les troupes américaines débarquent au Panama qui vend aux Etats-Unis les droits du futur canal.

C6. Canal de Panama
Déjà, en 1855, les Américains avaient achevé la construction d’une voie ferrée qui traversait le Panamá d’un océan à l’autre. En 1881, le français Ferdinand de Lesseps entame en 1880 les travaux de construction d’un canal interocéanique, qui seront interrompus par le scandale de Panama qui secoue le monde politique et financier de la IIIe République française.
La construction du canal de Panama durera dix ans, de 1904 à 1914. Il devient le passage obligé pour passer de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique, évitant aux navires d’emprunter le long et périlleux trajet passant par le cap Horn.
En 1968, le général Omar Torrijos, commandant de la garde nationale, s’empare du pouvoir. À sa mort en 1981, c’est le général Manuel Antonio Noriega, ministre de la Défense de Torrijos, le général Manuel Antonio Noriega devient le nouvel homme fort du pays. En décembre 1989, les troupes américaines débarquent à Panama (opération « Juste Cause »), se saisissent de Noriega et installent au pouvoir Guillermo Endara.
Seront ensuite élus Ernesto Perez Balladares, du Parti révolutionnaire démocratique (1994-1999), Mireya Moscoso du Partido Panamenista (1999-2004), Martin Torrijos du PRD (2004-2009 ). Depuis le 1err juillet 2009, le président est Ricardo Martinelli Berrocal, du parti « Changement Démocratique ». Milliardaire, il est à la tête de la plus grande chaîne de supermarchés du pays (Super 99). Il est aussi président de deux autres entreprises et siège au conseil d’administration d’au moins huit entreprises.

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