Bolivie 3/7 : Lac Titicaca

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Situé à 150 km de La Paz, le lac Titicaca couvre 8 562 km2 dont 4 772 km2 au Pérou et 3 790 km2 en Bolivie. C’est le plus haut lac du monde (3 812 m) et le plus grand d’Amérique du Sud mais pas le plus étendu (le lac Maracaibo a une superficie de plus de 13 000 km2).
Le Lac Titicaca est composé d’un lac majeur et d’un lac mineur, séparés par le détroit de Tiquina qui a une longueur de 900 m.
L’origine du Lac Titicaca remonterait à plus de cent millions d’années, date à laquelle une grande quantité d’eau de l’océan Pacifique aurait été isolée en plein milieu de la cordillère des Andes, par les mêmes bouleversements géologiques qui sont à l’origine de la formation de l’Amérique du Sud. Piégées dans cette mer intérieure, énormément d’espèces animales et végétales marines, ont continué leur évolution en dehors de leur berceau originel : l’océan Pacifique. Ceci explique que, dans la région, on trouve énormément de coquillages fossilisés. De plus, les pêcheurs remontent régulièrement des spécimens de la faune marine océanique, comme des hippocampes et diverses espèces d’Allorquestes (hyalella inermis, etc…).
Les deux grandes villes riveraines du Lac Titicaca sont Puno au Pérou et Copacabana en Bolivie. Lieu de pèlerinage de l’Empire inca, Copacabana est devenu, avec l’arrivée des espagnols, un centre religieux catholique. C’est à la suite d’une promesse faite par un marin, égaré au large des côtes du Brésil, à la Vierge de Copacabana que la célèbre plage de Rio a emprunté le nom de cette ville de Bolivie.

B. Pizarro
Quand Francisco Pizarro captura l’empereur Atahualpa en 1532 à Cajamarca, il lui promit la vie sauve en échange de richesses. Le conquistador espagnol exigea que l’Inca lui verse une quantité d’or et d’argent capable de remplir la pièce où Atahualpa était prisonnier : 35 m2 de surface sur deux mètres de haut. L’Inca donna des ordres à ses lieutenants pour que la rançon soit acheminée des quatre coins de l’empire. Sur le lac Titicaca, une navette de barques convoya des kilos d’or et d’argent, entre la rive est et la rive ouest. Une fois la rançon livrée, Francisco Pizarro ne respecta pas sa parole et, le 29 août 1533, fit exécuter Atahualpa.

C. Îles du lac
Le lac compte quarante et une îles dont certaines sont habitées et où on peut voir des cultures en terrasses, soigneusement séparées par des murs de pierres sèches et des haies de cactus. L’île la plus peuplée est l’isla del Sol, située en Bolivie et qui compte 5 000 habitants, indiens d’origine quechua et aymara, s’adonnant à l’agriculture, l’élevage et l’artisanat. La traversée de Copacabana à l’ïle du Soleil dure deux heures. À l’époque des Incas, l’île du Soleil était un sanctuaire qui abritait un temple avec des vierges dédiées au dieu Soleil ou Inti. Parmi les sites archéologiques de l’île du Soleil, on trouve la « Roca Sagrada » (Roche Sacrée), qui selon la légende, est l’endroit d’où seraient partis Manco Capac et Mama Ocllo pour fonder au Pérou la cité de Cuzco, capitale des Incas. La Chinkana ou labyrinthe, et le Palacio de Pilkokaina (palais de Pilkokaina) sont les deux autres vestiges de l’époque inca.

L’île de Suriqui est célèbre pour les embarcations de roseaux que les autochtones fabriquaient eux-mêmes et utilisaient quotidiennement il y encore peu de temps ; mais aujourd’hui, le tourisme grandissant a vu ce mode de transport traditionnel remplacé par des embarcations de bois, plus pratiques et plus grandes. De manière générale, l’île a souffert et souffre encore de cette activité qui échappe au contrôle des populations locales. Les anciennes barques traditionnelles, encore fabriquées sur l’île de Suriqui, sur le lac Titicaca, sont similaires aux embarcations égyptiennes qui servaient à charrier d’énormes blocs de pierres sur le Nil.

L’île de Pariti est devenue célèbre quand en août 2004, des archéologues boliviens et inlandais y ont découvert des poteries de Tiwanaku. Nombre de ces poteries osnt aujourd’hui exposées au petit musée de Pariti ou au Museo Nacional de Arqueologia de La Paz.

D. Pollution
Alors qu’on imagine le lac Titicaca, d’un bleu saphir serti dans un écrin de magnifiques paysages de montagnes, dans un parfait état de conservation, d’un bleu serti dans un écrin naturel, la réalité est tout autre. Le lac Titicaca souffre en effet d’une sérieuse pollution provenant des exploitations minières légales et illégales, de la mauvaise gestion des déchets et des eaux usées provenant des villes riveraines. La dégradation du lac est telle que les bancs de poissons ont disparu. De même, les eaux du lac, autrefois potables, ne le sont plus et il a été nécessaire de creuser des puits. Les vaches, qui pâturent sur les îles du lac et dont le lait sert à fabriquer un fromage, sont atteintes de la douve du foie, un ver parasite très pathogène. Sur les berges, on note l’existence de lemna (espèce de plantes aquatiques flottantes) dont la présence est liée à la très forte contamination par les phosphates et les nitrates. Ces plantes se développent très rapidement et, en recouvrant la surface de l’eau, empêchent toute oxygénation de l’eau, entraînant ainsi la mort de nombreux poissons et d’autres organismes vivant dans le lac. C’est le phénomène d’eutrophisation. De plus, elles dégagent une odeur nauséabonde.
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