Bolivie 1/7 : Généralités

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Bolivie : Généralités

A. Géographie

La Bolivie, qui couvre un million de km2, est constituée de trois grands ensembles géographiques : l’Altiplano (plateau d’environ 4 000 m, bordé par une cordillère occidentale et une cordillère orientale qui culmine à 6882 m avec l’Illimani et 6 542 m avec le Sajama), les Yungas (plateaux intermédiaires, où se trouvent les villes de Cochabamba, Sucre et Tarija) et les plaines orientales (au climat tropical, elles appartiennent aux bassins de l’Amazone et du Rio Paraguay). L’Altiplano concentre 70 % de la population, les grandes villes de La Paz, Oruro et Potosi, et les lacs d’altitude Titicaca et Poopo.

La population de Bolivie est estimée à 10 000 000 habitants composée de 60% d’amérindiens (les Quechuas et les Aymaras sont les plus nombreux), de 30 % de métis, de 15 % d’Européens, principalement d’origine espagnole, et de 1 % d’Afro-boliviens. Ces derniers sont arrivés d’Afrique au début du 17è siècle, débarqués à Buenos Aires et acheminés dans les mines de Potosi. A l’abolition de l’esclavage (proclamée en 1826), les Afro-boliviens ont choisi de s’installer dans les Yungas (Tocana, Chijchipa, Chicaloma, Villa Remedios, Mururata) au climat moins rigoureux que Potosi. La réforme agraire de 1952 leur a permis d’accéder au foncier. La nouvelle constitution mentionne les droits des afro-boliviens (article 32) et les élections du 6 décembre 2009 ont porté pour la première fois un afro-bolivien, Jorge Medina Barra, à l’Assemblée Nationale. Les revendications des afro-boliviens sont axées sur leur participation effective à la vie économique, sociale et politique du pays. Des associations, comme le Centro Afro-boliviano para el Desarollo Integral y Comunitario (CADIC), leur permettent de revendiquer leurs droits, face à une société qui les marginalise.

Les langues officielles de la Bolivie sont au nombre de trois : l’espagnol, le quechua et l’aymara.

B. Histoire

La colonisation des Andes boliviennes par l’homme remonterait à environ 20 000 ans. La première grande civilisation apparue sur le territoire de l’actuelle Bolivie est la culture Tuhuanacu qui, du 7e siècle avant notre ère à 1 200 apr. J.-C., est partie du lac Titicaca et a progressivement englobé six pays actuels (Colombie, Chili, Equateur, Pérou, Bolivie, Argentine) était plus étendu que l’empire romain et était parcouru par plus de 40 000 km de routes. Long de 4 000 km et couvrant 1 800 000 km2, il comptait 30 millions d’habitants. Son savoir était immense, englobant le culte du soleil, une architecture monumentale, l’utilisation du cuivre et du bronze, la chirurgie sous anesthésie avec feuille de coca. Le travail collectif de la terre et l’irrigation permettaient d’atteindre des rendements de 21 t/ha de pomme de terre contre actuellement 14,5 t/ha avec des engrais et 2,4 t/ha en mode traditionnel.

Les Incas incorporent progressivement l’empire Tihuanaco, du début du 13è siècle à 1532, date de la conquête espagnole. Le génie des Incas consista à ne pas détruire mais à intégrer la multiplicité socioculturelle des populations conquises, dont celle des Tihuanaco. Les Incas et les peuples qui les ont précédés ont domestiqué plus d’une centaine de plantes. Plus de 50 % de tous les produits agricoles des USA proviennent des cultures amérindiennes. La connaissance des plantes médicinales, de l’irrigation et des métaux complétaient la science agricole. Les Incas transportaient les rochers gigantesques pour leurs constructions avec l’aide de roues. L’absence d’animaux de trait a entraîné une agriculture et une société utilisant intensivement le travail humain. Le culte de la Pachamama (terre mère) était au centre de la culture Inca, centrée autour d’une vie sédentaire avec une organisation culturelle et sociale complexe avec des rois, des nobles, des commerçants, des artisans, des agriculteurs, … Un savoir très riche émanait des astronomes, des philosophes, des poètes, des ingénieurs. Les sacrifices humains probables mais ne sont pas étrangers aux axiomes idéologiques des Européens qui devaient justifier la conquête coloniale.

L’affaiblissement de l’empire Inca dû à la guerre de succession à la mort de Huayna Tupac, la rapide capture de l’empereur Atahualpa et son exécution par Pizarro à son arrivée en 1532, la supériorité militaire des espagnols, leur habileté à soulever les tribus locales, l’assimilation des espagnols à des Dieux annoncés par des prophéties, expliquent l’effondrement rapide de l’empire Inca et le début de la colonisation espagnole. La Bolivie dépend d’abord de la vice-royauté du Pérou puis de celle du Río de la Plata. De nombreuses villes sont fondées par les espagnols : Chuquisaca (aujourd’hui Sucre), Potosí, La Paz et Cochabamba. Le religion catholique et la langue espagnole sont rapidement imposées. L’asservissement de la population indienne, relayé par les esclaves africains permettent d’extraire de la mine de Potosi 45 000 tonnes d’argent pur extraits de 1556 à 1783. Les révoltes indiennes seront nombreuses, dont les plus importantes sont celles de Manco Inca (1536) et de Tupac Amaru (1780). La victoire du Général Sucre à Ayacucho aboutit le 6 août 1825 à l’indépendance du pays qui prend le nom de Bolivie le 11 août de la même année. Dès ses débuts, la Bolivie connait une période d’instabilité politique, de révolutions et de dictatures militaires. Le général Antonio José de Sucre, premier président, est chassé du pays après seulement deux années de pouvoir. À cela s’ajoutent des conflits avec les pays frontaliers : guerre du nitrate, ou du Pacifique, de 1879 à 1884, qui aboutit à la perte par la Bolivie de son accès au Pacifique au profit du Chili ; de 1932 à 1935, guerre du Chaco avec le Paraguay, qui se conclura par le traité de paix du 27 avril 2009 à Buenos Aires.

Víctor Paz Estenssoro (1952-1964) nationalise les compagnies minières, redistribue les terres, instaure le suffrage universel, avec droit de vote des Amérindiens, et développe le système d’enseignement ; le Général René Barrientos Ortuño (1964-1971) pratique une politique économique conservatrice et réprime les mouvements de guérilla antigouvernementaux (Che Guevara est capturé et exécuté en octobre 1967) ; après le colonel Hugo Banzer Suárez (1971-1982), puis Hernán Siles Zuazo (1982-1985) installé par les militaires, Victor Paz Estenssoro (1985-1989), Jaime Paz Zamora (1989-1993) puis Gonzalo Sanchez de Lozada (1993-2005) tentent de redresser l’économie.

En 2006, un séisme se produit dans la vie politique Bolivienne avec l’élection, le 22 janvier 2006, d’Evo Morales. Dès le 1er mai 2006, il procède à la nationalisation des hydrocarbures et à la renégociation de tous les contrats des entreprises étrangères dans un délai fixé à 180 jours. Une nouvelle constitution (la 16è de l’histoire du pays) est adoptée par référendum le 25 janvier 2009, à 58,7 %, avec plusieurs dispositions : la consommation de la feuille de coca est protégée, la religion catholique perd son statut officiel, les latifundia de plus de 5 000 ha sont expropriables (Romald Larsen possédait 57 000 ha en 17 propriétés), 37 langues et 36 peuples sont reconnus officiellement, tous les peuples indigènes sont représentés à l’Assemblée Législative et au Tribunal Constitutionnel, un contrôle étatique est établi sur les ressources naturelles du pays.

Le croissant Est du pays (Pando, Beni, Santa Cruz, Tarija, Chuquisoca) qui concentre les principales richesses du pays, entre en révolte contre le « socialisme centralisateur » et l’« indigénisme exacerbé » d’Eva Morales et exprime des revendications autonomistes voire sécessionnistes. Des confrontations dramatiques surviennent, aboutissant à 16 morts et 81 blessés le 16 octobre 2006, puis 30 morts à Panda le 11 septembre 2008, parmi les manifestants indigènes. En réponse à cette remise en cause de sa légitimité électorale, Morales remet en jeu son mandat lors d’un référendum révocatoire tenu le 10 août 2008. Il le gagne avec 67% des voix puis est réélu le 6 décembre 2009 avec 63 % des voix.

C. Economie de la Bolivie

La Bolivie est une des nations les plus pauvres d’Amérique du Sud. L’agriculture emploie pratiquement la moitié de la population du pays. A côté des cultures traditionnelles (pommes de terre, canne à sucre, coton, café, maïs, riz, blé), la culture des feuilles de coca et leur et leur transformation en cocaïne assurent une grande partie du revenu agricole.

Les gisements de minerais sont importants et variés (étain, plomb, argent, cuivre, antimoine, zinc, soufre, bismuth, or, tungstène) et constituent la base de l’économie bolivienne. Le Salar d’Uyuni (10 200 km2) est le plus grand désert de sel du monde, et contient les plus grandes réserves de lithium du monde. La Bolivie recèle aussi du pétrole et du gaz naturel. En 1952, les trois grandes exploitations minières d’étain furent regroupées et nationalisées au sein de la société étatique Corporación Minera de Bolivia (Comibol). En 1994, la production de minerai d’étain atteignait 15 000 tonnes (4è rang mondial). La Bolivie est également un producteur mondial important d’argent (11è rang), de zinc (12è), d’or (27è), de bismuth et d’antimoine. On y exploite aussi des gisements de tungstène, de plomb, et de cuivre. Les trois premières sources de revenus de la Bolivie sont la vente de gaz naturel, les envois d’argent des émigrés et la vente de l’étain.

La Cordillère des Andes a de tout temps été exploitée pour ses richesses minières. Les Incas, puis les Espagnols, en ont extrait l’or et l’argent. Aujourd’hui, l’or et l’argent, mais aussi l’étain, le zinc, l’antimoine, l’arsenic, le cadmium… sont exploités de manière intensive. De grandes villes se sont construites autour des mines. C’est le cas d’Oruro (3 700 m) d’altitude, un des centres miniers les plus importants de Bolivie. Pourtant, l’extraction minière est une activité extrêmement polluante : les mines dispersent dans l’environnement de grandes quantités de métaux lourds, connus pour leur toxicité. La pauvreté et la forte dépendance économique à l’industrie minière conduisent trop souvent les pays andins, dont la Bolivie, à en négliger les impacts écologiques et sanitaires.

d. Biodiversité

La Bolivie présente la plus grande biodiversité de la planète avec une influence des éléments biogéographiques andins, amazoniens, de la zone du Chaco et celle du Cerrado. La Bolivie figure parmi les dix pays comptant la plus grande richesse de vertébrés du monde. Elle possède 1 500 espèces d’oiseaux (43 % des espèces d’Amérique du Sud), 220 espèces de reptiles, plus de 100 espèces d’amphibiens, 316 espèces de mammifères, etc.

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