Bolivie 4/7 : Tiwanaku

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A. Le site de Tiwanaku
La civilisation de Tiwanaku (en aymara, ou Tiahuanaco), est une civilisation pré-inca qui a dominé la moitié sud des Andes centrales entre le 5e siècle et le 11e siècle, recouvrant à peu près l’étendue qui sera celle de l’empire Inca. Tiwanaku aurait été un ensemble de cités unies par une croyance religieuse commune.
Un des principaux sites archéologiques actuels de la civilisation de Tiwanaku est la Cité du Soleil, lieu de célébration du dieu créateur Kon Tici Viracocha ; elle comporte de nombreux édifices religieux dont le principal est le temple de Kalasasaya, une vaste enceinte fermée. On y voit un amplificateur, en pierre, de la voix humaine.
Un autre monument célèbre est la pyramide à sept degrés Akapana, au plan général évoquant la croix des Andes. Chacune des terrasses est ornée de statues monolithiques sur ses bords. Le sommet de la pyramide est occupé par des cases — dont l’usage reste inconnu — disposées autour d’une cour intérieure. Certains interprètent la pyramide comme une représentation des montagnes de la Cordillère des Andes. Pedro Cieza de León, premier Européen à découvrir Tiwanaku, avoue « ni comprendre, ni deviner quels outils ou instruments avaient permis de les façonner ». Construite au centre d’une large douve, Akapana s’intègre par sa forme aux montagnes voisines environnantes. Un réseau très perfectionné de canalisations provoque le ruissellement de l’eau sur ses flancs à partir de la citerne placée au sommet, imitant les eaux de pluie dégringolant sur les versants des Andes.
Un troisième monument est la Porte du Soleil, considérée par certains comme un repère astronomique du fait de son alignement avec le soleil, et par d’autres comme un observatoire. La frise comporte une image de Viracocha, avec ses deux sceptres, entouré par trente deux hommes soleils et seize hommes condors.
En contrebas d’Akapana, se trouve le temple semi-souterrain (semisubterraneo) de Kantatallita, avec, incrustées dans les murs, des têtes représentant toutes les races et, au centre du temple, trois monolithes (Benett, Ponce, …) que certains archéologues rapprochent des Moaïs de l’île de Pâques.
Le professeur Arthur Posnansky (1873 – 1946, Bolivien d’origine allemande), a étudié Tiahuanaco pendant près de 50 ans, et en particulier l’orientation du Kalasasaya. Il en a conclu que les structures du site suivaient les positions azimutales du lever et du coucher du soleil. Il a démontré qu’à la construction du Kalasasaya, la terre était inclinée de 23° 8’ 48’’ (angle entre l’axe de rotation polaire selon lequel la terre tourne autour d’elle-même et le plan elliptique selon lequel elle tourne autour du soleil). Les travaux de Posnansky, dont la publication la plus connue est le livre « Tihuanacu, the Cradle of American Man (Tihuanaku, berceau des Amériques) », ont contribué à réhabiliter le site de Tihuanaku qui était dans un état de dégradation avancée en raison du manque d’entretien, de son exploitation comme carrière de pierres et du pillage de ses richesses archéologiques.

B. Viracocha
Le site de Tuhuanaku est dédié à Viracocha, le dieu principal des Incas, roi de la foudre et des tempêtes, divinité tutélaire créatrice de toutes choses. Viracocha est censé être surgi du Lac Titicaca et avoir apporté la lumière au monde qui n’était que ténèbres. Viracocha créa aussi la lune, les étoiles et les tribus des Andes. Il attribua à chacune d’entre elles une civilisation, une langue et des traditions. Viracocha est appelé Quetzalcóatl au Mexique.
Viracocha était originellement adoré par les premiers habitants du Pérou et fut intégré au Panthéon Inca, par l’empereur Viracocha Inca (mort en 1438), qui a pris le nom du dieu.
La ressemblance physique entre Viracocha et les Européens (grands, de peau claire, barbus) et la croyance des Incas au retour parmi eux de Viracocha, expliquent pourquoi Hernán Cortés et Francisco Pizarro, conquirent sans coup férir les empires aztèques et incas. Mais pour ces peuples, au lieu du retour du dieu, ce fut le retour du diable, avec les bains de sang et le pillage que réalisèrent Cortez au Mexique et Pizarro au Pérou.
L’écrivain et journaliste britannique Graham Hancock, qui a beaucoup contribué à populariser l’œuvre d’Arthur Ponansky, a dressé un portrait de Viracocha, devant sa statue sculptée dans un bloc de pierre rouge à Tihuanacu :
« Tel un disciple aux pieds de son maître, je m’assis sur le sol du temple disparu et contemplai le visage énigmatique. Bien qu’il soit presque effacé, on peut voir qu’il représentait un homme en paix avec lui-même et aux pouvoirs très étendus. Le front est haut, dégagé, les yeux sont ronds, grands ouverts. A côté de la tête, des animaux étranges ont été sculptés dans la pierre : ce sont de gros mammifères préhistoriques avec des queues et des membres massifs. En contemplant cette magnifique sculpture, l’image qui me vient à l’esprit est celle d’un Viracocha magicien, ou sorcier, une sorte de Merlin l’Enchanteur paré de magnifiques et étranges vêtements, faisant s’abattre le feu du ciel sur la terre.”
Dans son livre « L’Empreinte des dieux (Fingerprints of the Gods) », écrit en 1994, Graham Hancock établit un parallèle entre Viracocha le dieu inca et Osiris le dieu égyptien :
« Tous deux étaient de grands civilisateurs, tous deux furent victimes d’un complot, tous deux furent placés à l’intérieur d’un réceptacle (un coffre, une barque), tous deux furent jetés à l’eau, tous deux dérivèrent ensuite sur une rivière et atteignirent la mer »

C. Agriculture
La civilisation Tihuanaku était très avancée dans le domaine agricole, entre autres. Certaines techniques de culture surclassent les techniques culturales modernes (voir Tiwanaku, le livre de Hugo Boero Rojo, écrit en espagnol et en anglais). Ces techniques agricoles sont tellement sophistiques, qu’elles ont attirées l’attention du gouvernement Bolivien et des organismes de développement internationaux qui envisagent de les appliquer dans d’autres régions du monde. Les techniques agricoles comportaient les suka kollos (canaux d’irrigation) et les takanas (cultures en terrasse) qui, contrairement à l’idée communément répandue, ne sont pas d’origine inca. Grâce à ces techniques, les rendements en pomme de terre et en quinoa furent multiplier par vingt, sans engrais ni fertilisants..
Les excédents agricoles permirent de faire des échanges avec les régions voisines (or de la région de l’actuelle La Paz, feuille de coca des Yungas, cuivre de Coro Coro, …), de construire des édifices, de développer l’art et la poterie, de construire des voies de communication avec les Andes et l’Amazonie (voies que les Incas se contenteront de consolider)
Tiwanaku développa d’autres techniques. On y a retrouvé les mêmes techniques de murs antisismiques qu’en Egypte, avec des renforts métalliques injectés dans la pierre. Tiwanaku.

D. La croix andine
La chacana (croix andine) n’est pas simplement un motif géométrique, mais représente les liens très étroits qui unissent le ciel et la terre. La croix est composée d’une croix carrée et échelonnée avec 12 points.
Les quatre branches du carré représente les quatre dimensions qui relient l’homme à la nature :
– Alaxpacha est l’espace où se trouvent le soleil, la lune, les planètes, les étoiles, les astéroïdes, la voie lactée, etc,
– Akapacha est le milieu où nous vivons et qui comprend l’air, le vent, la pluie, la neige, la gravité qui nous unit à la Terre ;
– Taipipacha, est le sol qui nous porte, nous êtres humains, plantes, forêts, déserts, lacs, rivières, mers, montagnes, animaux, oiseaux, poissons, insectes ;
– Mankh’apacha est ce qui se trouve à l’intérieur de la terre, comme l’eau souterraine, le feu, le pétrole, les minéraux, le gaz, etc.
Les quatre bras de la Chakana représentent aussi les 4 points cardinaux, les 4 éléments (terre, eau, air, et feu) et les quatre saisons.
Le rond central représente Cuzco, le centre de l’empire inca.
Les 3 niveaux de chaque branche ont chacun une signification :
– le premier niveau, représenté par le serpent qui rampe, symbolise le monde intérieur, celui de la terre, de la pachamama, et des morts . Ce premier niveau représente également l’enfance.
– le second niveau, représenté par le puma qui marche, symbolise le monde terrestre, celui où nous vivons. Le puma fait référence à l’âge adulte (intelligence et agilité).
– le troisième niveau, représenté par le condor qui vole, symbolise le monde de l’esprit et des dieux. C’est l’étape de la vie où l’homme a acquis la sagesse.
Il existe 3 valeurs fondamentales : Munay, le don d’Amour ; Llankay, le don de Travail ; Yachay, le don de Sagesse.
Chaque étage de la Croix Andine symbolise donc un monde (intérieur, terrestre, céleste), un animal (serpent, puma, condor), une valeur (amour, travail, sagesse).
La croix andine serait également le symbole d’une constellation visible uniquement dans l’hémisphère sud qui permettait aux paysans d’établir leur calendrier agricole. La croix andine serait aussi une carte sur laquelle on peut retrouver toutes les anciennes cités incas, toutes alignées tous les 234 kms. Selon cette hypothèse, le centre du monde ne serait pas Cuzco mais Tihuanaco.
Après cinq siècles de culture chrétienne, importée par les espagnols, la croix andine continue d’imprégner profondément la culture andine et a un sens sacré.
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