Bolivie 5/7 : Coroïco

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Coroico est une petite ville d’environ 3 000 habitants, de la région des Yungas, située à 57 km au nord-est de La Paz, à 1 525 m d’altitude, dans un cadre de montagnes et de forêts.
Coroico est une petite ville …

A. La route de la mort
Pour aller de La Pas à Coroico, on emprunte la route des Yungas ou encore route de la Mort (en espagnol : Camino de la Muerte). Longue de 70 km, elle est connue pour son extrême dangerosité. Il s’agit d’une voie tracé à même le flanc de la paroi abrupte d’une montagne des Andes boliviennes. Sur la gauche, un abîme de plus de 1 000 m plonge vers une forêt tropicale dense, annoncée par des bananiers, des fougères géantes, … Sur la droite, des rochers en surplomb, empêchent toute possibilité de s’éloigner du gouffre. Pour aggraver les choses, la poussière (la route n’est pas bitumée) et le brouillard obscurcissent la vue, des éboulements obstruent la route et les chutes d’eau descendant de la montagne recouvre la piste de boue. On estime que 200 à 300 voyageurs se tuent chaque année sur cette route, soit un véhicule toutes les deux semaines. Tout au long de la route, on peut voir des croix marquant les points où des véhicules ont sombré dans le précipice. On aperçoit en contrebas les carcasses des véhicules accidentés. Depuis quelques années, une nouvelle route, avec de nombreux ponts et tunnels, permet d’éviter la partie la plus dangereuse du trajet
En 1983, l’année la plus mortelle, 320 personnes y ont perdu la vie, dont 100 lors du plus terrible accident de la route de l’histoire bolivienne. En août 2006, un camion a basculé dans le précipice, tuant 24 personnes.
La route est taillée dans le flanc de la montagne même et épousant ses formes, ne dépassant par, par endroits, 3 m de largeur. Sans aucune barrière de sécurité, cette route est empruntée par un grand nombre de camions et de cars se rendant de La Paz dans les montagnes des Andes à Coroico dans les Yungas. En quelques kilomètres, on traverse presque tous les écosystèmes de la Bolivie, et on franchit un dénivelé de presque 4 000 m en passant des hauteurs andines (4 724 m au col de la Cumbre) à la forêt amazonienne (1 100 m).

B. Yungas
Les Yungas, qui font la transition entre les Andes et le bassin amazonien, sont une riche région agricole produisant du café, des fruits tropicaux, des bananes, de la canne à sucre et des feuilles de coca.
Les Yungas sont le lieu où l’on trouve le plus grand nombre d’afro-descendants de la Bolivie (leur nombre est estimé à 35 000), descendants des esclaves noirs débarqués en Argentine et amenés dans les mines de Potosi pour y remplacer les indiens qui succombaient sous le coup de la mita (travail forcé). Trois millions d’indiens auraient péri à Potosi. A l’abolition de l’esclavage en 1826, les afro-boliviens ont quitté Potosi, au climat glacial, pour les Yungas.
Choroico est le point où aboutit la célèbre piste inca El Choro, passant de 5 000 m dans les montagnes à 1 000 m dans la forêt tropicale. La piste est protégée par le Parc National de Cotapata. Une autre piste inca est celle, moins connue, de Kori Wayku.
La piste inca El Choro a été tracée par les Tihuanacu, entrenue par les Incas et très utilisée par les espagnols. C’était une des principales artères de communication entre les régions andine et amazonienne, permettant en particulier d’acheminer les feuilles de coca des Yungas à l’altiplano. La Paz s’est ainsi développée au croisement de la route de l’argent entre Potosi et Lima et de la route de la coca entre Potosi et les Yungas. C’est grâce à la feuille de coca que ls travailleurs des mines de Potosi parvenaient à endurer le travail.
El camino del Choro est une ancienne voie pre-inca que les incas ont élargie et pavée pour continuer à l’utiliser comme voie marchande. Elle passe par La Cumbre (4 700 m), Apacheta Chucura (4860m), Cha’llapampa, Casa Sandillani (2 000 m) et Chairo (1 000 m) et part des paysages arides et rocailleux de l’altiplano, pour aboutir aux paysages tropicaux beaucoup plus verts et à la végétation plus abondante.

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