Damas, mère des cités

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DAMAS, MERE DES CITES

1. Histoire

Damas, capitale de la Syrie, compte près de 3 millions d’habitants avec sa banlieue. Damas se trouve à environ 80 km de la mer Méditerranée, à l’abri de l’Anti-Liban. Elle se situe sur un plateau à 680 mètres au-dessus du niveau de la mer. La vieille ville se trouve sur la rive sud de la rivière Barada. Damas est l’une des plus anciennes villes du monde. Fondée au troisième millénaire avant JC, elle a connu l’influence de nombreuses civilisations (Hébreux, Assyriens, Babyloniens, Perses, Macédoniens, Séleucides, Romains, Omeyyades, Turcs, Mongols) qui ont laissé chacune des vestiges. Ainsi, on peut encore voir les remparts autour de la ville et le temple de Jupiter romains, l’orientation grecque nord-sud ou est-ouest des rues, et la Grande Mosquée construite sur les ruines d’une basilique chrétienne, et les constructions ottomanes (palais Azem et caravansérails).

En 635, Damas, conquise par les musulmans, devient la capitale de la dynastie des Omeyyades de 661 à 750. Par la suite, elle profite de sa situation géographique de carrefour des chemins de La Mecque, l’Afrique, l’Anatolie, la mer Méditerranée et l’Asie (route de la soie).

Assiégée en 1148 par les Croisés, la ville est saccagée par les Mongols de Tamerlan en 1401 puis est intégrée à l’Empire ottoman de 1516 à 1918.

À la suite du traité de Versailles (1919) et après la bataille de Meiseloun où les français vainquent les troupes syriennes, la Syrie est placée sous mandat français jusqu’à son indépendance en 1946.

Depuis les années 1970, l’exode rural et l’urbanisation ont profondément transformé le paysage de la ville qui était autrefois une oasis avec des marécages, de nombreux vergers et de nombreux espaces verts. En mars 2011, la guerre commence en Syrie et gagne Damas en 2012.

2. Artisanat

Damas est devenue au Moyen Âge une ville florissante surtout grâce à la fabrication de sabres et le tissage de la dentelle. Le « damasquinage » consiste à incruster de petits filets d’or ou d’argent dans un objet de métal. On obtient des brocarts appelés « damas ». Le linge « damassé » comportent des dessins obtenus par des procédés de tissage. Les lames de Damas sont fabriquées en soudant des barres de fer doux et carburé. On trouve aussi à Damas de nombreuses confiseries offrant des fruits confits entiers : abricots, poires, mandarines, etc. en piles impressionnantes. Au Moyen Âge, la région était le premier producteur de sucre, les croisades en ont rapporté l’usage en occident (confitures et fruits confits).

3. Architecture

Un des hauts lieux historiques et architecturaux de Damas est la Grande mosquée des Omeyyades. Construite vers 705, c’est la plus ancienne mosquée, avec le Dôme du Rocher de Jérusalem à être pratiquement dans son état initial. La salle de prière contient le tombeau de Jean-Baptiste (Sidi Yahya en arabe) et on y voit prier à la fois les musulmans et les chrétiens. Lors de la conquête de la ville par les Arabes en 635, ils trouvèrent la grande basilique Saint-Jean Baptiste, fierté des chrétiens, qui abritait le tombeau du Précurseur. Un dignitaire chrétien de la ville demanda au calife d’épargner ce sanctuaire chrétien. Par respect pour Sidi Yahya, les califes successifs préservèrent durant soixante-dix ans le grand sanctuaire chrétien et quand Al-Walid Ier transforma l’église en mosquée, en 705, il épargna le tombeau du Baptiste et fit construire la mosquée autour. La mosquée est très fréquentée durant toute la journée. On y entre pour prier, pour admirer où tout simplement pour faire la sieste, allongé sur un tapis ou adossé à une colonne, car c’est un lieu frais et calme dans le centre de la ville. Le plus haut minaret de cette mosquée est le minaret de Jésus où, selon la tradition, le Messie reviendra sur terre au moment du jugement dernier. Hors de l’enceinte de la mosquée se trouve le mausolée qui est supposé avoir contenu le crâne de Husayn, deuxième fils de l’union Ali et Fatima, fille de Mahomet, et troisième Imam des chiites décapité à la bataille de Kerbala (Achoura) le 10 octobre 680. Le crâne de Husayn fut emporté à Ascalon au moment des croisades, puis au Caire. Le corps de Husayn se trouve à Nadjaf (au sud de l’Irak).

Damas comprend aussi des monuments de la période ottomane : le Palais Azim et de nombreux caravansérails. Le palais Azim, construit en 1749 par le gouverneur Assad Pacha Al Azem, se compose de deux parties : le haremlek, réservé aux femmes, et le selamlek, réservé aux hommes. Le palais renferme aujourd’hui le musée des Arts et traditions populaires. Le haremlek regroupe la plupart des salles : une salle de classe reconstituée, une salle dédiée aux instruments de musique, une salle de réception, la chambre de la mariée, celle de la belle-mère, la chambre du roi Fayçal, la salle du pélerinage, le café populaire, la salle des armes, le hammam et pour finir, la grande salle de réception. Le selamlek compte l’atelier des tisserands, celui des artisans, des souffleurs de verre ainsi que des costumes traditionnels du pays.

Le caravansérail (ou khan) est une station pour les caravanes dans les villes ou sur les routes. Le khan Assad Pacha fut construit en 1752 par le même gouverneur qui édifia le palais Azem. Les pierres du bâtiment sont alternativement noires et blanches.

4. Quartiers

Les principaux quartiers de Damas sont Mazzeh, Bab Touma, Kfar Soussé, Al Tadamone, Jobar, Qaboun, Al Qassaa, Ruken Al Dinn.

Depuis la déclin de la ville d’Antioche, Damas est le lieu de résidence des chefs de trois Églises autocéphales : le Patriarche de l’Église orthodoxe d’Antioche, le Patriarche de l’Église catholique melkite d’Antioche, le Patriarche de l’Église syriaque orthodoxe d’Antioche.

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