Safita, la ville aux collines

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Safita, la ville aux collines

1. La ville

La ville de Safita, qui appartient au gouvernorat de Tartous, est située à 20 km à l’est de Tartous, à 50 km au nord-ouest de Homs et à quelques kilomètres de la frontière libanaise. Safita est aussi à mi-chemin entre Tartous et le Krak des Chevaliers (Kalaat-el-Hosn), dans les contreforts des montagnes côtières Ansariyès. Bâtie sur trois collines, la ville compte 30 000 habitants.

La ville est habitée depuis l’époque des Phéniciens et plusieurs découvertes archéologiques font état d’une présence phénicienne mais aussi cananéenne.

En 1102, Raymond IV de Toulouse prend le contrôle de la ville de Tripoli et de plusieurs territoires des environs, dont Safita.  Durant les Croisades, alors qu’elle est toujours rattachée au comté de Tripoli, Safita devient une importante place forte, surtout grâce à la tour du Chastel Blanc qui surplombe la ville. et que les Templiers bâtissent sur des fortifications antérieures.  En 1289, le sultan mamelouk Qalawun capture le comté de Tripoli et Safita repasse sous autorité musulmane.

2. La forteresse

Le Chastel Blanc a la forme d’un polygone irrégulier composé d’une double ligne de murailles flanquées de tours reposant sur un épais talus de maçonnerie. Entre les deux enceintes, on peut encore voir les vestiges de nombreux magasins voûtés. Au centre de la deuxième enceinte, culmine la tour principale du château, à la fois chapelle et donjon. La tour est construite sur base d’un plan rectangulaire de 31 m de long sur 18 m de large. Le rez de chaussée du donjon est occupé par la chapelle qui est toujours utilisée par les chrétiens de la région. Le claveau de la porte d’entrée est orné d’une croix fleuronnée analogue à celle qui existe encore au-dessus de l’entrée du château de Tartous. Le sous-sol de la chapelle est constitué d’une citerne à eau, taillée directement dans la roche. La chapelle en elle-même, mesure 25 m de long à l’intérieur des murs sur 10,5 m de large. L’abside semi-circulaire est surélevée de la nef de deux marches et comprend deux petits passages qui donnent accès à droite et à gauche à deux petites pièces rectangulaires éclairées par des archères.

La hauteur des voûtes est de 17,5 m. Les fenêtres qui éclairent l’édifice ressemblent plus à des meurtrières défensives qu’à des fenêtres proprement dites. Un escalier aménagé dans l’épaisseur du mur sud, et fermé par une porte renforcée de barres coulissantes et de verrous comme la porte d’entrée de la chapelle, donne accès à l’étage supérieur. Cet étage est constitué d’une vaste salle d’arme percée de hautes architraves, où l’on peut retrouver à une plus petite échelle les caractéristiques de la grande salle du château de Tortose. Cette salle mesure, à l’intérieur des murs, 26 m de long sur 16 m de large. Trois piliers supportant les voûtes séparent la salle en deux parties, exactement comme la salle du château de Tortose.

Un escalier situé dans l’angle sud-ouest de la salle permet d’accéder à la plate-forme supérieure d’où la vue s’étend au loin sur tout le pays environnant. On pouvait facilement envoyer des signaux avec les autres forteresses et tours de défenses.

Selon la chronique d’Aboulfeda, Nour-ed-Din s’empare de la forteresse en 1167 et procède en partie à son démantèlement. Après être revenue aux mains des francs, un tremblement de terre détruit à nouveau une grande partie de ses murs d’enceinte en 1202.

Des templiers châtelains de Safita, on sait peu de chose. Le seul nom connu est celui de Richard de Bures, qui était Commandeur de la Terre de Tripoli lors de la maîtrise de Pierre de Montaigu et qui est, en 1243, choisi avec frère Renaud de Clamcourt, châtelain de Tortose (Tartous), pour régler un différend avec Hugues de Revel, châtelain du Krak. C’est en 1271 que Baybars s’empare définitivement de la forteresse, ainsi que de plusieurs positions défensives environnantes.

Source : http://www.templiers.org/safita.php

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