Martinique 1/7 : Généralités

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A. Géographie

D’une superficie de 1.128 km², la Martinique est composée de trois grandes entités :
– au nord, un massif montagneux où culmine la Montagne Pelée avec 1397 m d’altitude. Ce massif abrite une forêt tropicale très dense à la végétation luxuriante et traversée de rivières descendant des montagnes.
– au centre, la plaine du Lamentin dans le prolongement de la baie de Fort-de-France. Zone marécageuse, les hommes y ont asséché la mangrove pour y bâtir de grandes zones industrielles abritant aujourd’hui une forte activité économique.
– au sud, très découpées, les côtes forment une succession de petites baies appelées « anses » avec des plages de sable blanc. L’intérieur des terres est très accidenté, formé par des petites collines (les mornes).

La population martiniquaise est la même que celle de la Guadeloupe, soit un peu plus de 400 000 habitants. Répartie sur 1 128 km², cette population est très dense (356 habitants au km², contre 112 au niveau national).

Les principales villes sont : la capitale administrative et économique, Fort-de-France (90 000 habitants), Le Lamentin (40 000 habitants), Le Robert (25 000 habitants) et Schoelcher (25 000 habitants).

B. Economie

La banane est le premier produit agricole d’exportation (60 % de la production agricole de l’île) tout en n’occupant que 17 % de la surface de l’île. Elle occupe près de la moitié des actifs agricoles. La Martinique produit une moyenne de 250 000 tonnes de bananes, ce qui représente moins de 1 % de la production mondiale.

Originaire d’Asie du Sud-Est, la banane fait son apparition dans les Caraïbes au début du 16ème siècle. Ce sont en effet les portugais qui, en 1502, apportent les premiers plants de bananier des Îles Canaries dans les Caraïbes. La banane prend un véritable essor au 17è siècle. Après la crise de la canne à sucre dans les années 60, qui occasionne la fermeture de nombreuses distilleries, la banane devient la première richesse agricole de la Martinique. Première production agricole à la Martinique, ce sont plus de 200 000 tonnes qui sont exportées chaque année.

En 2012, plus de 110 millions de tonnes de bananes ont été récoltées dans le monde dont 21 % ont été vendues sur les marchés internationaux. Les plus gros exportateurs sont l’Amérique Latine (13 millions de tonnes, soit 81 %), l’Asie (2,8 millions de tonnes) et l’Afrique (0,6 million de tonnes). Pour les importations, les deux premiers importateurs de banane sont l’Union Européenne (30 % des importations mondiales) et les Etats-Unis (27 %).

Le marché européen est organisé autour de trois origines : la banane dollar (68,3 % de la consommation en 2012), produite par les pays latino-américains, la banane en provenance des pays ACP (19,1 % en 2012), et la banane communautaire (12,6 % en 2012). La production européenne annuelle globale est proche de 700 000 tonnes, dont environ 320 000 tonnes aux Canaries et un tonnage équivalent pour la production antillaise répartie entre 70 000 tonnes pour la Guadeloupe et 220 000 tonnes pour la Martinique. Depuis 2010, la banane dollar a réalisé des gains de compétitivité très importants grâce à la baisse des droits de douane et à l’évolution du taux de change euro/dollar. La banane dollar ne représente que 15 % du marché français, l’Hexagone étant surtout approvisionné par les Antilles (40 %) et l’Afrique (45 %). Mais quelle sera la capacité de résistance du marché français, sachant que la banane dollar est très présente sur les autres marchés européens. La carte que la banane antillaise devra continuer de jouer est celle d’une banane responsable et durable.

Le 10 mars 2014, le groupe américain Chiquita Brands International et son concurrent irlandais Fyffes ont annoncé leur fusion. Le nouveau groupe, baptisé ChiquitaFyffes, deviendra le leader mondial de la banane avec 32 000 employés, un chiffre d’affaire de 4,6 milliards de dollars et une présence dans 70 pays. Jusqu’à présent, le marché de la banane à l’export est contrôlé par cinq sociétés : les trois sœurs américaines (Del Monte, Chiquita, Dole) avec 65 % du marché, l’irlandais Fyffes (7 %) et l’équatorien Noboa (7 %). Ces 5 multinationales assurent 80 % de la production mondiale et 40 % à 100 % de la production de certains pays d’Amérique Latine.

C. Histoire

C1. Découverte

Les plus anciens vestiges archéologiques attestent d’un peuplement humain remontant au deuxième millénaire avant notre ère. Venus du bassin de l’Orénoque (actuel Venezuéla), les Arawaks se sont installés en Martinique vers 100 avant J-C, dans le cadre d’un vaste mouvement qui a concerné l’ensemble des îles de la Caraïbe, jusqu’aux Grandes Antilles. Vers le 10ème siècle, l’arrivée des Caraïbes provoque un bouleversement dans l’ensemble des îles. Leur arrivée en Martinique est datée vers 1350. Guerriers intrépides, les Caraïbes déciment rapidement les Arawaks. De nombreuses traces de la présence des populations précolombiennes existent, dont en particulier les roches gravées (pétroglyphes) de la forêt de Montravail, dans la commune de Sainte-Luce.

Christophe Colomb découvre la Martinique le 15 juin 1502, lors de son cinquième voyage, en même temps que Sainte Lucie, la côte sud d’Hispaniola, le Honduras, le Nicaragua, Costa Rica et le Panama. Il la baptise « Martinique » en l’honneur de Saint Martin, fêté ce jour-là. Les habitants de l’île, les Kalinas, l’appellent alors Madidina, l’ « Île aux Fleurs » ou aussi Ioüanacéra (l’ « île aux iguanes »).

C2. Colonisation

En 1635, la Compagnie des Seigneurs de Saint Christophe, créée en 1626 par Richelieu, devient la Compagnie des Isles d’Amérique. Un contrat est passé entre celle-ci et les Sieurs Lienard de l’Olive et Duplessis d’Ossonville, qui s’engagent à gouverner pour son compte, les îles de la Caraïbe relevant de la couronne de France.

Le 15 septembre 1635, le flibustier Pierre Belain d’Esnambuc débarque dans la rade de Saint-Pierre avec 150 colons français venant de l’île Saint-Christophe et fonde Le Fort Saint-Pierre (actuelle Saint-Pierre). Fort-Royal (actuelle Fort-de-France) est fondée par les gouverneurs De Baas et Blenac.

Le premier statut institutionnel de la Martinique est alors celui d’une terre française administrée et exploitée par une compagnie à vocation commerciale.

Le développement de la culture de l’indigo, du café puis, au fur et à mesure de la conquête de terres arables aux dépens des Caraïbes, de la canne à sucre, s’accompagne de la mise en place d’un système économique basé sur l’importation, pendant deux siècles, d’esclaves du continent africain.

En 1674, un gouvernement militaire unique est mis en place pour les colonies de la Caraïbe, avec résidence en Martinique. En 1685, le Code Noir est promulgué par Colbert, Ministre des Finances de Louis XIV, assimilant les esclaves à des biens meubles.

L’occupation anglaise, de 1794 à 1802, met la Martinique à l’abri de tout changement dû à la révolution et y maintient l’Ancien Régime. L’esclavage se perpétuera ainsi, de façon ininterrompue, jusqu’en 1848. La monarchie de Juillet est renversée le 24 février 1848 et l’esclavage aboli le 27 avril 1848.

L’’introduction de la machine à vapeur dans le système de production sucrière entre 1840 et 1870 conduit à une importante transformation de l’espace agricole et rural de la Martinique, qui favorise la concentration foncière dans de grands domaines agricoles autour des usines centrales sucrières et des rhumeries, en même temps qu’un émiettement de petites propriétés et exploitations tenues par des affranchis ou par leurs descendants, et un vaste mouvement d’exode rural.

C3. Empire puis République

La période du Second Empire (1852-1870) est marquée par un recul conservateur annihilant toute trace du pouvoir local, sinon celui du Conseil Général aux pouvoirs élargis, mais entièrement soumis à l’autorité du gouverneur. Cette époque est marquée par François Perrinon (1812–1861). Né à Saint-Pierre, il est le premier mulâtre à intégrer l’Ecole polytechnique. En 1848, en tant que commissaire général de la République, il apporte à la Martinique, les premiers décrets d’abolition de l’esclavage. Il refuse de prêter serment à Napoléon III par attachement à l’idéal républicain.

Le retour des institutions républicaines, progressif entre 1870 et 1885, apporte la mise en œuvre du suffrage universel. Les citoyens choisissent librement leurs députés, leurs conseillers généraux et leurs conseillers municipaux. Les sénateurs sont élus au suffrage indirect. La bourgeoisie de couleur occupe progressivement la représentation politique. La loi du 27 juillet 1881 instaure la liberté de la presse et de l’imprimerie.

C4. Assimilation

Le début du 19è siècle est marqué par les premières grandes grèves, organisées par le prolétariat agricole qui réclame une amélioration de ses conditions de vie. La participation de 30 000 de jeunes Antillais aux combats de la Première Guerre Mondiale (les deux tiers furent tués, blessés ou faits prisonniers) renforce une revendication assimilationiste qui ira croissante au cours du 19è siècle. En 1938, le Conseil Général de la Martinique se prononce à l’unanimité en faveur d’une assimilation intégrale au statut départemental. Cette revendication aboutira avec la loi de départementalisation du 19 mars 1946, qui sera le résultat des propositions des députés Aimé Césaire, Léopold Bissol et Georges Gratiant.

Le département de la Martinique est découpé en quatre arrondissements (Fort-de-France, Trinité, Le Marin et Saint-Pierre), subdivisés en 45 cantons et 34 communes. Tous les textes législatifs nationaux y sont applicables mais peuvent faire l’objet de mesures d’adaptation « nécessitées par leur situation particulière » (Art. 73 de la Constitution). La Martinique est dotée d’un Conseil régional et d’un Conseil général. Elle est représentée au niveau national par 4 députés, 2 sénateurs et un conseiller économique et social.

L’Etat est représenté par le préfet établi à Fort-de-France et trois sous-préfets à Trinité, au Marin et à Saint-Pierre.

La loi du 27 juillet 2011 a créé la collectivité unique de Martinique, en réponse aux voeux de la population martiniquaise consultée le 24 janvier 2010 sur la question de faire succéder le Département et la Région par une autre collectivité. La loi du 27 juillet 2011 précise que « la Martinique constitue une collectivité unique régie par l’article 73 avec les compétences des départements et des régions. La collectivité unique succède au département et à la région dans tous leurs droits et obligations ».

http://www.outre-mer.gouv.fr/presentation-martinique.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Martinique
Dossier Banane. France Antilles Economie du 8 avril 2014.

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