Equateur 3/9 La Bota

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La Bota est un quartier marginalisé au nord du centre de Quito, habité en majorité par les afros-équatoriens, ayant émigré des provinces de la Costa (Imbabura, Guayas et Esmeraldas) où ils travaillent dans les exploitations agricoles. Totalement déshérité à ses débuts, le quartier a progressivement été équipé en électricité, eau potable et services de base. Un marché a été construit. Les rues qui étaient en terre ont été partiellement asphaltées. Les services de transport permettent aux habitants de La Bota de se rendre à Quito où ils occupent des emplois de travailleurs domestiques et employés. De nombreuses associations et microentreprises permettent aux initiatives des afrodescendants de voir le jour.

Les Afro-Équatoriens sont les descendants des survivants des bateaux négriers qui se sont échoués aux 16e et 17e siècles sur les côtes de l’Équateur et de la Colombie, ou des esclaves travaillant dans les haciendas (exploitations agricoles) et les mines de la Costa et de la Sierra libérés à partir des années 1860. Tandis que les premiers se trouvaient essentiellement dans la province d’Esmeraldas, les seconds étaient dispersés dans tout le pays. Un noir, par son travail et sa résistance, égalait plusieurs indiens, ce qui explique que les espagnols les aient très tôt importés d’Afrique pour remplacer les indiens asservis. Aujourd’hui, la population afroéquatorienne, qui représente 10 % de la population du pays, est concentrée dans les provinces de Imbabura (valle del Chota) et Esmeraldas où nombre d’entre eux travaillent dans les exploitations agricoles. Ils sont également très présents à Guayaquil et Quito, les deux plus grandes villes du pays. Victimes d’une marginalisation sociale dus aux préjugés raciaux, les afro-équatoriens ont d’abord mené leur lutte sous l’égide de la CONAIE (Confédération de Nacionalidades Indigenas del Ecuador). Ils ont ensuite créé leurs propres organisations : Conseil National de Développement Afroéquatorien (CONDAE), Confederación Nacional Afroecuatoriana (CNA), Corporation de Développement Afroéquatorien (Corporación de Desarrollo Afroecuatoriano ou Codae), Fondation Agustin Delgado, El Proceso de Comunidades Negras, Congreso Unitario del Pueblo Afroecuatoriano. Au niveau local, de nombreuses associations afro-équatoriennes existent comme la FECONIC (Federacion de Communidades y Organizaciones Negras de Imbabura y Carchi). Dans le seul district de Quito, il existe 28 organisations afroéquatoriennes. En septembre 2009, un « Plan Nacional para Eliminar la Discriminacion Racial, la Exclusion Etnica y Cultural » a été approuvé par le gouvernement.

Pour l’anthropologue John Antón, les Afroéquatoriens ont été historiquement déconnectés de leurs droits citoyens, économiques, sociaux et culturels : “Le principal obstacle est le racisme structurel qui représente la charge historique d’invisibilité et d’exclusion sociale que l’État et la société pratiquent contre les Afroéquatoriens, qui furent esclaves pendant plus de 300 ans et n’ont obtenu leur liberté qu’en 1854”.
Les afro-équatoriens ont donné à leur pays des écrivains (Nelson Estupiñán Bass, 1912-2002, Adelberto Ortiz, 1914-2003), des musiciens (Guillermo Ayoví Erazo, joueur de marimba), des footballeurs (Alberto Spencer, 1937-2006, meilleur buteur de l’histoire de la Copa Libertadores, Hólger Quiñónez, Marlon Ayoví, Cléber Chalá, Iván Hurtado, recordman des sélections en Équipe d’Équateur de football avec 167 sélections entre 1992 et 2010, Agustín Delgado, Giovanny Espinoza, Antonio Valencia), des athlètes (Diego Ferrín, Álex Quiñónez, finaliste du 200 m aux Jeux olympiques de Londres de 2012), des reines de beauté (Mónica Chalá, Miss Équateur 1996, Mayra Rentería, Miss Équateur 2003 et Lady Mina, Miss Équateur 2010) et des personnalités politiques (Jaime Hurtado, fondateur du Mouvement populaire démocratique, assassiné en 1999).

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