Eglises de Guadeloupe, Pierres Vivantes

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EGLISES DE GUADELOUPE, PIERRES VIVANTES

 

La Guadeloupe compte plus d’une centaine d’églises (sièges des 45 paroisses du diocèse de la Guadeloupe) et chapelles. On peut les classer en trois catégories : les plus anciennes (17è et 18è siècles) construites en pierre de taille ; celles construites au 19è siècle ; celles construites au 20è siècle par Ali Tur dans les années 1920 ou plus tard par d’autres architectes.
1. Les plus anciennes

L’église de Saint-Joseph située sur la commune de Vieux-Habitants est considérée comme le plus ancien édifice religieux de Guadeloupe. Construite en 1639 en pierres volcaniques, elle a été détruite le 20 mars 1703, brûlée par les anglais puis reconstruite en 1720 par les capucins.
Lorsque l’église est reconstruite, on y place des contreforts massifs destinés à renforcer l’édifice et à lui donner un aspect fortifié. Des tailleurs de pierre venus du Limousin, réalisent un porche au sommet duquel un blason évoque l’ordre des Capucins. Les deux pilastres qui encadrent le porche portent l’emblème du Limousin en hommage aux bâtisseurs. Ce porche a été classé monument historique le 17 juin 1975. Une chapelle dédiée aux pères Breton et du Tertre (deux prêtres dominicains du 17ème, à l’origine de la construction de l’édifice) est érigée à l’intérieur de l’église.
De 1952 à 1962, quelques améliorations ont été apportées à l’église qui a notamment été agrandie.
L’église Saint-Joseph a été inscrit au titre des monuments historiques en 2006 et classé en 2007.

L’église Saint-Louis de Bouillante est également très ancienne. Sa construction date de l’arrivée des premiers colons entre 1635 et 1649. Longue de 22 m et large de 8 m, l’église a été construite en maçonnerie. Son presbytère se trouvait à l’époque bâti en haut du morne qui dominait l’église. L’accès difficile n’était possible qu’à cheval.

L’église Notre-Dame-du-Mont-Carmel est située à Basse-Terre, au cœur d’un des plus anciens quartiers de la ville. Autrefois, une première chapelle fut bâtie par les Carmes sur l’ancienne place des Armes, en contrebas de l’église actuelle. Elle fut rachetée aux jésuites en 1763 puis entièrement reconstruite à l’endroit actuel. Seul le porche en pierre de taille date de la fin du 17ème siècle. Le nom donné à l’église vient donc de cette concession des jésuites à la congrégation religieuse des Carmes en 1764. Depuis, l’église a subit de sérieux travaux notamment à causes des séismes et cyclones qui l’ont endommagée. L’église possède possède à sa gauche, une grotte semblable à celle de Lourdes. Construite en 1917, elle abrite une source qui serait miraculeuse et où des bains ont été aménagés. Véritable « petit Lourdes », de nombreux fidèles viennent s’y recueillir. Un des grands événements de cette église se situe chaque année le 16 juillet, pour la procession de la Vierge à l’occasion de la fête du Carmel. Cette cérémonie rend hommage à cette vierge, découverte en 1916 à l’endroit même de la grotte de l’église.

La cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe est située sur la commune de Basse-Terre. L’édifice catholique est le siège du diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre depuis la création de l’évêché en 1850. Construite en 1736 par les Capucins, la cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe à l’architecture de style baroque « jésuite » arbore une façade réalisée en pierres de taille volcaniques et ornée de statues de Saint-Pierre, Saint-Paul et de la Vierge. La cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe a été classée monument historique en 2006.

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2. Les églises du 19è siècle
L’église de Saint Pierre et Saint Paul de Pointe-à-Pitre est le plus grand édifice religieux de la ville de la Guadeloupe. Construite en 1807, elle fut victime du tremblement de terre de 1843 puis a été reconstruite en 1867. Petit à petit, son ancienne structure bois a alors été remplacée par une ossature métallique (réalisée dans les ateliers Eiffel), plus résistante. C’est grâce à cela que la cathédrale a pu résister aux nombreux cyclones et tremblements de terre qui ont ravagés la ville plus d’une fois. Sa façade néo-classique, dessinée par l’architecte Petit, arbore ses deux saints patrons Saint Pierre et Saint Paul, entourés par les quatre évangélistes. A l’intérieur, la hauteur de la nef est grande et les colonnes aux chapiteaux néo-gothiques sont majestueuses. L’autel est en marbre de Carrare et a été réalisé au 19ème siècle par les Ateliers de Maître Vincent Bonomi. Le marbre très épais a été conçu pour résister aux séismes. Enfin, de grandes fenêtres laissent entrer la lumière. L’église de Saint Pierre et Saint Paul a été classée au titre des monuments historiques en 1978.

L’église Saint-Jean-Baptiste est située au centre de la ville du Moule. Construite de 1825 à 1850 en pierre, l’église Saint-Jean-Baptiste possède une magnifique façade néo-classique faite de grès et de calcaire avec un très beau fronton en triangle surmonté de 4 colonnes ioniques. L’édifice est entouré de deux chapelles, le tout formant une croix latine.

3. Les églises construites par Ali Tur
En septembre 1928, un cyclone ravage la Guadeloupe. Pour la reconstruction, le gouverneur Tellier fait appel à l’architecte du ministère des colonies, Ali Tur. De 1929 à 1937, il construit ou reconstruit plus d’une centaine d’édifices privés et publics, dont de nombreuses églises (Baie-Mahault, Pigeon, Capesterre de Marie Galante, Capesterre Belle Eau, Lamentin, Les Abymes, Morne-à-l’Eau, Petit Bourg, Petit Canal, Sainte Anne, Trois Rivières). Alors que les matériaux le plus souvent utilisés et dont les techniques sont connues sont le bois et la pierre, Ali Tur fait appel à une technique de construction nouvelle à l’époque pour la Guadeloupe : le béton armé. L’architecture d’Ali Tur est une bonne réponse du point de vue des questions environnementales : ventilation, ensoleillement, pluviométrie, et hygrométrie. Aujourd’hui, les édifices d’Ali Tur sont devenus constitutifs du paysage guadeloupéen. Arrivé en Guadeloupe, avec le gouverneur (qui revient de congé en métropole), le 22 mars 1929, il n’est question pour Ali Tur, à l’origine, que de construire ou de reconstruire des bâtiments gouvernementaux (Palais du Gouverneur, tribunaux, justices de paix, Palais du Conseil Général, etc…). Il sera en réalité amené à édifier plus d’une centaine d’édifices gouvernementaux et communaux sur l’ensemble du territoire guadeloupéen (mairies, églises, justices de paix, perceptions, écoles, dispensaires, etc…). En dehors de son oeuvre en Guadeloupe, Ali Tur est aussi connu pour quelques un de ses bâtiments d’habitation à Paris (ensemble de logements, 3 place du général Stephanik et 20, avenue Dode de la Brunerie dans le XVIème arrondissement, conçus en 1934).

Située au cœur du bourg de Morne-à-l’Eau (centre de Grande Terre), l’église paroissiale de Saint André a été conçue en 1930 par l’architecte parisien Ali Georges Tur. Elle fut  reconstruite sur les ruines de l’ancienne chapelle détruite par le cyclone du 12 septembre 1928. C’est l’artiste peintre marseillais installé en Guadeloupe, Antoine Marius Gianelli, qui s’occupa de la décoration intérieure de l’église et qui a peint le chemin de croix en 1933. Construite en béton, l’église paroissiale Saint André a été bâtie toute en longueur, on appelle cela un plan basilical. Son vaisseau central atteint 13 mètres de haut. De grandes baies verticales éclairent l’église et créent des jeux de contrastes et de lumières. L’édifice a été inscrit au titre de monument historique en 1992.

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