Conférence Afrique en marche

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AFRIQUE EN MARCHE : RETOUR DE VOYAGE AU MAROC, TOGO ET GHANA

 

Vendredi 28 novembre 2014, en la salle de quartier « Les Sources », Allée des Flamboyants, à Capesterre Belle Eau, Pascal Gbikpi a donné une conférence intitulée « Afrique en marche : retour de voyage au Maroc, Togo et Ghana ». L’objectif était de donner de l’Afrique l’image d’un continent plein d’inventivité, de créativité et de dynamisme, se développant au delà des clichés et stéréotypes véhiculés par les medias mainstram.

  1. Maroc

La présentation du Maroc a commencé par son histoire : la période romaine, l’invasion des Vandales au 5è siècle, l’arrivée des Arabes au 8è siècle, la fondation des grandes dynasties (Idrissides au 8è siècle, Almoravides au 11è siècle, Mérinides au 13è siècle, Berbères Wattasides au 15è siècle, Saadiens au 16è siècle, Alaouites au 18è siècle), la colonisation française au 19è siècle avec la conférence d’Algésiras et l’institution du protectorat français, la résistance nationale avec la guerre du Rif, la création du parti de l’Istiqlal et le retour d’exil de Mohammed V, l’indépendance du pays en 1956 et les règnes de Mohammed V, Hassan II et Mohammed VI. L’économie du Maroc et les facteurs de son expansion ont été analysés : une agriculture occupant 40% de la population, un secteur industriel diversifié (textile, industrie automobile et aéronautique, offshoring, mines, …) et un tourisme en forte croissance.

  1. Togo

La deuxième partie de la conférence a été consacrée au Togo, et d’abord à son histoire : l’installation des comptoirs de commerce portugais, danois et hollandais aux 17è et 18è siècles dans la bande côtière entre le royaume Ashanti (Ghana) et Danhomey (Bénin), la signature en juillet 1884 d’un accord de protectorat entre l’explorateur allemand Gustav Nachtigal et le roi Mlapa III (lac Togo), l’établissement du Togoland allemand qui devient la« Musterkolonie » (colonie modèle), la première guerre mondiale et le partage, entériné par la Société des Nations (SDN), du Togoland entre la France et la Grande-Bretagne, la victoire de Sylvanus Olympio aux élections d’avril 1958, l’indépendance du Togo le 27 avril 1960, le drame de l’assassinat du président Olympio le 13 janvier 1963, le court intermède de Nicolas Grunitzky de 1963 à 1967, le long règne du Général Eyadéma à partir de 1967 et du régime à parti unique, la conférence nationale de 1991, la nouvelle constitution de septembre 1992, les grèves, répressions, assassinats politiques, … et la suspension en janvier 1993 de la coopération de l’Union européenne avec le Togo, la mort le 5 février 2005 du Général Eyadéma et le transfert du pouvoir à son fils Faure Gnassingbé, l’institution en février 2009 de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) qui prendra acte de toutes les violences et abus commis durant le règne de son père, le projet de loi, déposé début 2014, portant un ensemble de réformes constitutionnelles et institutionnelles. L’économie du Togo a ensuite été présentée : importance de l’agriculture qui occupe 60% de la population active avec des productions vivrières (maïs, manioc, mil, igname, sorgho) et des cultures de rente (café, cacao, coton, palmistes), l’activité minière centrée autour
des phosphates (40% des recettes d’exportation), la découverte de nouveaux gisements d’hydrocarbures, l’importance du port de Lomé, plaque tournante pour le commerce des pays enclavés (Burkina Faso, Mali, Niger etc), le grand nombre de banques faisant du Togo une place financière stable.

3. Ghana

Le Ghana a été le troisième pays présenté. L’histoire du Ghana est extrêmement riche : empire du Ghana (fondé en + 770  par les Soninkés, conquis en 1076 par les Almoravides et intégré dans l’Empire du Mali de Sundjata Keïta en 1240), arrivée en 1471 des portugais qui fondent le comptoir commercial de São Jorge da Mina et se lancent dans le commerce de l’or puis des esclaves, arrivée en 1637 des Hollandais qui chassent les Portugais et prennent leurs principales forteresses, création à l’intérieur des terres de puissants états Akans dirigés par les Ashantis et pourvoyeurs d’esclaves, fondation au 19è siècle de la colonie britannique de la Gold Coast, indépendance du Ghana le 6 mars 1957 avec Nkrumah comme premier président,
renversement le 24 février 1966 de Nkrumah par le Général Ankrah, élection en août 1969 de Kofi Busia, coup d’état le 13 janvier 1972 par Acheampong qui est lui-même remplacé le
5 juillet 1978 par le général Frederick Kwasi Akuffo, retour de la démocratie multipartite avec l’élection le 8 juillet 1979 de Hilla Limann. Survient alors le renversement du gouvernement le 31 décembre 1981 par le lieutenant Rawlings qui réinstaure le 28 avril 1992 les partis politiques. Les présidents seront désormais élus démocratiquement : Rawlings élu en 1992 et réélu en 1996, John Kufuor élu en 2000 et réélu en 2004, John Evans Atta Mills élu fin 2008 et décédé de maladie cardiaque le 24 juillet 2012, élection de John Mahama en décembre 2012. L’économie du Ghana, basée sur l’agriculture (cacao) et les mines (bauxite, aluminium), est en pleine expansion, le Ghana détenant, avec la Chine et le Cambodge, les plus hauts taux de croissance du PIB national (plus de 10 %).

Le conférencier a conclu avec une réflexion d’Aminata Traoré dans son ouvrage « L’Afrique humiliée » : « Le défi auquel nous faisons face aujourd’hui, c’est d’imaginer des perspectives d’avenir centrées sur les êtres humains et de nous réapproprier nos destins en faisant appel à nos langues, à nos repères, à des valeurs de société et de culture qui nous sont familières ».

Gbikpi

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