La Souffrière, point culminant des petites antilles

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LA SOUFFRIERE, POINT CULMINANT DES PETITES ANTILLES

1. Les Petites Antilles

Les Petites Antilles constituent une longue chaîne d’îles séparant la mer des Caraïbes de l’océan Atlantique, et s’étalant des Grandes Antilles jusqu’au sous-continent sud-américain.

La limite entre le sud des Grandes Antilles et le nord des Petites Antilles est la fosse océanique d’Anegada, passage de près de 50 km de largeur, à l’ouest duquel se trouvent les Îles Vierges et les Grandes Antilles. La première et plus septentrionale île des Petites Antilles est Sombrero, un îlet dépendant d’Anguilla. Répartie sur 14 307 km², la population totale des Petites Antilles est proche des 4 millions d’habitants, le pays le plus peuplé étant Trinité-et-Tobago (presque 2 millions d’habitants).

Le sommet le plus élevé des Petites Antilles est la Soufrière (1467 m) qui se trouve sur l’île de la Basse-Terre, dans l’archipel guadeloupéen.

Les Petits Antilles se sont formées le long de la ligne selon laquelle la plaque de l’Atlantique a glissé, par subduction, sous la plaque Caraïbe, et a produit, le long de cette bordure, une suite d’îles volcaniques. Les îles sont réparties en deux arcs : le plus ancien, à l’est, se serait formé il y a 50 millions d’années. Une fois formées, les îles (Saint-Martin, Antigua, Grande-Terre de la Guadeloupe, Barbade, …) ont ensuite été érodées puis recouvertes d’épaisses couches calcaires d’origine corallienne. Le second arc, plus à l’ouest, date de moins de 5 millions d’années et présente un volcanisme toujours actif (Saba, Saint-Eustache, Nevis, Montserrat, Basse-Terre de la Guadeloupe, Dominique, Sainte-Lucie, …) sous forme d’eaux chaudes ou de dégagement de gaz sulfureux. Des éruptions fortes ont eu lieu, comme l’explosion de la montagne Pelée dont les nuées ardentes détruisirent en 1902 la ville de Saint-Pierre en Martinique, ou encore l’éruption en 1995 du volcan de l’île Montserrat qui a détruit totalement la ville principale de l’île et son aéroport, contraignant la moitié de la population à partir.

2. La Souffrière

Située sur la commune de Saint-Claude, en Guadeloupe, la Soufrière culmine à 1 467 m et appartient à un ensemble composé des volcans Carmichaël, le Nez Cassé, l’Échelle, la Citerne et la Madeleine. C’est le seul volcan actif de l’île, actuellement à l’état de repos éruptif, et l’un des neuf volcans actifs des Petites Antilles.

Le sommet de la Soufrière, appelé La Découverte, culmine à une altitude de 1467 m. C’est le plus haut sommet de la Guadeloupe et de toutes les Petites Antilles. Son dôme prend la forme d’un cône tronqué de 900 m de diamètre à sa base. Il n’y a pas de véritable cratère, mais plusieurs bouches éruptives, des gouffres d’où s’échappent des vapeurs sulfureuses et des entailles profondes.

Le paysage est rocheux et chaotique, quasi-lunaire, hérissé de pitons. Il est souvent recouvert de brumes. Plusieurs pistes balisées parcourent le sommet volcanique.

C’est un volcan actif de type péléen — explosif à nuées ardentes — et de formation récente (100 000 à 200 000 ans). Son activité est marquée par des fumerolles, des vapeurs sulfureuses et des sources chaudes sur différents points du sommet. Il est le seul à être actif en Guadeloupe depuis 10 000 ans.

Le sommet est accessible par une randonnée d’une heure via le Chemin des Dames.

3. Éruptions

On établit la dernière éruption magmatique explosive de la Soufrière vers 1440, plus ou moins 100 ans. En 1797, une éruption phréatique d’importance eut lieu.

La dernière éruption de la Soufrière date de 1976. Elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de la Basse-Terre, soit environ 76 000 personnes. Aucun mort n’a été déploré. La première éruption eut lieu le 8 juillet 1976. Les séismes ont très probablement réactivé une série de failles colmatées par de vieux matériaux (argiles et roches magmatiques). Cette crise de tremblements de terre fut la cause vraisemblable de la baisse brutale de la pression accumulée à l’intérieur d’une nappe captive chauffée par les gaz échappés du magma profond, provoquant la pulvérisation de roches, et la sortie de coulées de boues (lahar), de gaz acides et de vapeurs d’eau. 25 000 personnes du sud Basse-Terre évacuèrent spontanément la zone pour se réfugier vers la Grande-Terre, hors d’atteinte. L’activité volcanique continua encore quelques mois, avec d’autres coulées de boues et émissions de cendres. Le 15 août 1976, l’évacuation totale et obligatoire du sud de Basse-Terre fut ordonnée. Elle dura jusqu’au 18 novembre 1976.

Une polémique très médiatisée éclata entre les scientifiques Claude Allègre et Haroun Tazieff sur la nécessité de l’évacuation. Claude Allègre préconisa l’évacuation de la population, affirmant catégoriquement que l’éruption serait grave, alors qu’Haroun Tazieff soutint que l’éruption était sans danger, toutes les analyses d’échantillons prélevés sur le volcan établissant qu’il n’y avait pas de montée de magma frais. Le préfet décida l’évacuation quand-même mais l’éruption ne fit pas d’autres dommages que matériels.

L’observation de la Soufrière débuta en 1950 avec la création du Laboratoire Physique du Globe à Saint-Claude dépendant de l’Institut Physique du Globe de Paris. Deux sismographes furent installés. C’est grâce à cet observatoire que l’éruption de 1976 fut détectée à l’avance. En 1989, un observatoire plus moderne fut construit sur la commune du Gourbeyre, à neuf kilomètres au sud-ouest de la Soufrière.

4. Ascension

L’ascension de la Souffrière se fait par les Bains Jaunes, le Pas-du-Roy, la Savane à Mulets, le Chemin des Dames,

À 950m d’altitude, les Bains Jaunes sont des bassins d’eau tiède alimentés par des sources thermales provenant du volcan. Ces bains d’eau chaude sulfureuse sont anciens. Ils sont un lieu de détente, véritable spa naturel apprécié des populations locales et des visiteurs depuis de nombreuses années. Leur eau sulfureuse à une trentaine de degrés possède des propriétés salvatrices censées revitaliser les muscles et la peau.

Le sentier qui part des Bains Jaunes est le célèbre Pas du Roy, magnifique chemin pavé qui a été empierré par les soldats de la Coloniale en 1887 pour faciliter l’accès à cheval jusqu’à la Savane à Mulets. Il est régulièrement entretenu et nettoyé chaque semaine par le personnel du parc national.

La Trace du Pas-du-Roy traverse la forêt tropicale et permet d’apprécier la richesse du patrimoine végétal du parc national. On se trouve dans la forêt dense humide, avec des acomats boucans et des châtaigniers. Les épiphytes, ananas bois ou rouge bâtard, profitent de ces grands troncs ainsi que les mousses et les barbes à l’arbre.

La Savane à Mulets correspond au plateau situé en contrebas de la soufrière à 1 140m d’altitude. C’est à cet endroit que se situe l’ancien parking d’une soixantaine de places, aujourd’hui inutilisé. Le parking n’est plus accessible depuis le tremblement de terre de 2004 et l’effondrement du piton Tarade sur la route D11. Il offre, par temps clair, un point de vue magnifique sur la vallée et les îles environnantes des Saintes, de Marie Galante et de La Dominique. C’est à cet endroit que débute l’ascension de la Souffrière.

Le chemin des Dames (piste jaune) est un des 2 sentiers qui mène au sommet de la soufrière. L’autre passe par le col de l’Échelle sur la partie ouest du Volcan. La durée de l’ascension est d’environ 1h15 pour 300m de dénivelé par le chemin des Dames et de 1h35 par le col de l’Échelle.

Le sentier rocailleux est relativement facile d’accès. Seuls les derniers 50 m de montée avant d’arriver au sommet sont raides, mais des escaliers en bois facilitent l’ascension. Au cours de la randonnée sur ce sentier, on découvre 2 points géologiques importants : l’éboulement Faujas à une trentaine de minutes de marche de la Savane à Mulets, et la Grande Faille sur la dernière portion de l’ascension.

L’éboulement Faujas provient d’une éruption du volcan en 1798. On y trouve une végétation riche constituée de fougères arborescentes, d’ananas montagne, de Siguine blanche et surtout de sphaignes multicolores gorgées d’eau.

Quant à la Grande Faille (ou fente du nord), elle sépare littéralement le volcan en 2 jusqu’à son sommet. Elle renferme des nappes de gaz carbonique qui rendent dangereuses son exploration. Cet endroit génère également un sentiment d’apparente quiétude en raison des mousses qui capitonnent la paroi rocheuse. Composées de sphaignes et de lichens de couleurs verte et orangée, ces mousses très humides absorbent les bruits, de sorte à rendre très silencieux l’endroit.

Tout au long du chemin, on peut admirer les magnifiques points de vue sur la vallée, la mer des caraïbes et le petit cul de sac marin en toute fin de parcours. En progressant, les émanations de souffre indiquent que le sommet n’est plus très loin.

La randonnée se termine au sommet de la Soufrière où s’offre une vision panoramique de la Guadeloupe et de ses îlets environnants. Avant de monter au sommet de la Découverte, point culminant à 1 467m d’altitude, on peut admirer l’imposant gouffre de Tarissant duquel s’échappe les plus importantes nuées de vapeur de souffre. L’odeur à ses abords est particulièrement nauséabonde, les émanations de souffre ressemblant à celles d’œufs pourris.

Trois cratères se suivent en enfilade : tout d’abord le cratère Dupuy, puis le gouffre de Tarissant et ses incessantes fumerolles, et enfin le gouffre Napoléon. Passé le Pic Napoléon, on accède au cratère Sud qui montre un niveau d’activité très important, avec des émanations de gaz toxiques riches en acide chlorhydrique.

On peut serpenter les chemins balisés du parc national pour découvrir les autres attraits du sommet dont le point culminant de la Découverte, porte d’Enfert et le rocher de la Guenon, enfin le Piton Dolomieux et ses 1464m d’altitude (second plus haut point des antilles).

La Citerne est un ancien volcan situé sur le flanc sud-est de la Soufrière. Culminant à 1 155 mètres d’altitude, il est couronné par un cratère circulaire dont le fond est occupé par le lac Flammarion. Sur le rebord sud du cratère se trouvent d’anciennes antennes-relais de radio et de télévision. Il faut une quinzaines de minutes pour faire le tour du cratère.

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