Le Carnaval de la Guadeloupe Fête des couleurs et des cultures

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Le carnaval est sans conteste l’événement le plus populaire de la Guadeloupe. Débutant le lendemain de l’épiphanie et se terminant le mardi gras à minuit, il est marqué durant ces nombreuses semaines par des fêtes et des festivités où acteurs, spectateurs et organisateurs de toutes les franges de la société guadeloupéenne se retrouvent.

Objet d’une véritable liesse populaire, il est le fruit du travail d’hommes et de femmes qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour créer sans interruption, pendant près de deux mois, une fête grandiose des couleurs, des musiques et des chorégraphies, occasionnant ainsi, juste avant Pâques, une explosion de joie de vivre, un feu d’artifice de toutes les énergies, une euphorie rassemblant l’ensemble de la population. Les préparatifs commencent dès le début de l’année, avec la réalisation de fantastiques costumes et la répétition de danses et de musiques. Rivalisant de créativité, les carnavaliers s’improvisent musiciens, chorégraphes, modélistes, couturiers, … créant et confectionnant, souvent des mois à l’avance, les déguisements qui viendront habiller les danseurs. Les costumes, anciens et nouveaux, énumèrent les coutumes allant de pair avec les festivités. Le carnaval constitue un patrimoine vivant de la culture et des traditions de la Guadeloupe, une expression du génie de son peuple et une vitrine de ses savoir-faire et de ses talents. Le carnaval est le ciment de l’identité guadeloupéenne et ses habitants en tirent, à juste titre, une grande fierté. Le carnaval est la démonstration vivante de l’importance de l’immatériel dans la développement économique, social, culturel et spirituel de la Guadeloupe. Il représente aussi un formidable chantier d’insertion sociale, économique et professionnelle.

Le carnaval est une fête libératrice qui permet d’abolir les barrières de rang et de classe au sein de la société. Il est le lieu privilégié d’expression du métissage des traditions qui ont fait la Guadeloupe, et l’aide ainsi à réconcilier ses héritages amérindiens, européens, africains, indiens, asiatiques et orientaux. Il assure une interaction humaine harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes aux identités culturelles plurielles et variées. Le carnaval de la Guadeloupe est ainsi une école de la diversité culturelle et partant, du respect de soi-même et de l’autre. Il permet à la société d’exprimer pacifiquement son vécu, ses réalités, ses solidarités, ses interrogations et sa présence au monde, dans une allégresse mesurée et contrôlée, facteur de paix sociale et de discipline collective. Véritable trésor de l’humanité, le carnaval aide à faire connaître la culture guadeloupéenne, à la conserver et en faire un lien d’unité et de solidarité.

La foi doit nous éclairer et nous amener à porter un regard positif sur le carnaval, à relier ses valeurs à leur source divine, et à faire en sorte que ces valeurs ne soient pas détournées de l’ordre voulu par Dieu, mais qu’elles contribuent à la joie des cœurs et à la plénitude de leurs aspirations. La foi ne doit pas se retrancher de la société profane mais au contraire soutenir avec elle un dialogue mutuellement enrichissant. En effet, le « peuple de Dieu doit s’efforcer de discerner dans les évènements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu. La foi, en effet, éclaire toutes choses d’une lumière nouvelle et nous fait connaître la volonté divine sur la vocation intégrale de l’homme, orientant ainsi l’esprit vers des solutions pleinement humaines » (Paul VI à l’ONU le 4 octobre 1965).

Vatican II invite les fidèles laïcs à témoigner du Christ par leur vie et leurs paroles, dans leur famille, leur groupe social et leur milieu professionnel. Ils doivent « exprimer cette nouveauté de vie dans le milieu social et culturel de leur patrie, selon les traditions nationales, et connaître cette culture, la purifier, la conserver, la développer, enfin lui donner sa perfection dans le Christ, afin que la foi au Christ et la vie de l’Eglise ne soient plus étrangères à la société dans laquelle ils vivent, mais commencent à la pénétrer et à la transformer » (Vatican II, Ad Gentes, 20-21).

Lire, soutenir et porter le carnaval à la lumière de la foi chrétienne, ne peut que contribuer au respect des hommes, de leurs cultures et de leur dignité, à élever leur âme et à faire grandir en eux le désir de bien faire, participant ainsi à la paix et à la justice sociale.

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