L’AMBASSADEUR DE CUBA A PARIS EN VISITE EN GUADELOUPE

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  • Hector Igarza en Guadeloupe

Les 17 et 18 juin 2016, Son Excellence Hector Igarza, ambassadeur de Cuba à Paris, a effectué un séjour en Guadeloupe. Le premier jour, il s’est rendu au mémorial des engagés indiens de Capesterre-Belle-Eau, puis a été reçu à la Préfecture et au Conseil Régional àBasse Terre. Dans l’après-midi, il a visité le Memorial Act puis a rencontré la communauté cubaine de Guadeloupe, à la médiathèque du Gosier. Le lendemain, il a été reçu à Basse Terre, à l’Hôtel de Ville, puis au Conseil Général. Le soir, un dîner de gala a été offert en son honneur au Créole Beach du Gosier, en présence de très nombreux invités dont le Président de Région, Ary Chalus. La délégation qui accompagnait l’ambassadeur comprenait deux personnalités cubaines, Javier Sotomayor, champion du monde de saut en hauteur, et Julio Acanda, célèbre journaliste de télévision à Cuba, ainsi que Michel Humbert, vice-président de l’association Cuba-Coopération-France. Henri Bistoquet, président de Cuba-Coopération-Guadeloupe et Jean-Noël Simet, entrepreneur guadeloupéen à Cuba étaient également présents.

  • Association Cuba-Coopération-Guadeloupe

L’association Cuba-Coopération-Guadeloupe, crée le 14 mars 2016, fait partie de l’association
Cuba-Coopération-France. Dès le départ, cette association s’est donnée pour but de tisser des liens entre Cuba et la Guadeloupe et de fédérer les énergies et les moyens dans une approche gagnant-gagnant dans laquelle chaque partenaire se préoccupe de l’intérêt de l’autre autant que de son propre intérêt. Les domaines de cette coopération sont nombreux, allant du sport à la littérature, de la danse à la musique, … Dans le domaine du sport, la construction d’une mémoire olympique croisée doit permettre d’évoquer et valoriser les grandes figures olympiques guadeloupéennes (Roger Bambuck, Laura Flessel, Marie-José Pérec, Chistine Arron, Didier Dinart, Teddy Riner, …) et cubaines (Alberto Juantorena, Maria Colon, Javier Sotomayor, Maritza Marten, Anier Garcia, Ivan Pedroso, Yumileidi Cumba, Osleidys Menendez, Dayron Robles, …).

● Deux projets en vue

L’association Cuba-Coopération-Guadeloupe a deux projets en préparation dans le domaine
culturel. Le premier projet est une résidence d’artiste avec 12 musiciens cubains qui viendront en Guadeloupe où ils travailleront avec 16 musiciens guadeloupéens pour l’enregistrement d’un CD. Un film suivra les 12 musiciens cubains dès leur départ de Cuba, durant leur arrivée en Guadeloupe et tout au long des répétitions et de l’enregistrement du CD qui se fera dans un studio à Jarry ou à Pointe-à-Pitre. L’arrangeur et pianiste sera un cubain, le chef d’orchestre un guadeloupéen. Les musiciens cubains profiteront de leur séjour en Guadeloupe pour former des professeurs guadeloupéens. Le second projet concerne le carnaval. Après avoir été abandonné pour des raisons financières, le carnaval cubain a repris depuis trois ans. Les Guadeloupéens souhaitent présenter à Cuba le carnaval de la Guadeloupe où certains groupes arrivent à être très inventifs et participatifs avec peu de moyens. Le projet envisagé est le départ à Cuba, en février 2017, d’environ 300 carnavaliers guadeloupéens qui séjourneront à Cuba et, avec leurs partenaires locaux, créeront une Fête de l’Identité Guadeloupéenne. Les groupes « Voukoum » et « Mas a klé » sont déjà pressentis pour le projet.

● Association Cuba-Coopération-France

Créée en 1995 dans le but de mieux faire connaître Cuba en France, l’association Cuba Coopération-France a été reconnue par les autorités cubaines. Elle faisait partie de la délégation de François Hollande lors de sa visite à Cuba en mai 2015 et était présente lors de la visite de Raul Castro à Paris en février 2016. L’association est à l’origine du plus grand projet de coopération décentralisée française à Cuba, le Programme de Développement Humain Local (PDHL) de la province de Cienfuegos. De 2005 à 2012, Cuba Coopération France a en effet participé activement à la mise en oeuvre du PDHL de Cienfuegos, en lien avec le PNUD des Nations Unies et les autorités locales. Son travail a permis de réunir dans le réseau informel des Amis de Cienfuegos, une vingtaine de partenaires français qui ont cofinancé près de 30 projets dans la province. Cette coopération est citée par les Nations Unies et l’Ambassade de France, comme l’expérience la plus représentative et réussie de coopération décentralisée de la France au niveau international. L’association Cuba-Coopération-France est aussi à l’origine de la création de la Maison Victor Hugo située dans le centre historique de La Havane. La Maison Victor Hugo est un centre de présentation et de rayonnement de la culture française et qui le Mois de la Culture française à Cuba.

 

  • Annulation de la dette

L’ambassadeur Hector Igarza a expliqué qu’en décembre 2015, Cuba est parvenu à un accord historique avec le Club de Paris pour restructurer la dette sur laquelle le pays avait fait défaut en 1986 et qui a atteint 11 milliards de dollars en 2015. Avec l’accord, le Club de Paris a accepté d’abandonner les intérêts se montant à 8,5 milliards de dollars. Cuba s’est engagé à payer les 2,6 milliards correspondant au principal au cours des 18 prochaines années. L’accord prévoit l’absence d’intérêts jusqu’en 2020 et un taux de 1,5% à partir de cette année-là jusqu’à l’apurement total de la dette. En 2013, l’île est parvenue à un accord avec des créanciers japonais pour restructurer 1,4 milliard de dollars. L’accord portait sur la même proportion que celui signé avec le Club de Paris, soit l’annulation de 80% de la dette contre le paiement des 20% restants sur une période de 20 ans. En novembre 2013, Cuba a également conclu un accord avec le Mexique pour l’abandon de 70% d’une dette de 500 millions de dollars et le paiement des 150 millions restants sur une période de 10 ans. Cuba s’est engagé à payer les 3,2 milliards restants d’une dette contractée du temps de l’Union Soviétique au cours des dix prochaines années. Pour chacun des accords conclus, y compris avec le Club de Paris, l’octroi par Cuba de bénéfices en matière commerciale et d’investissement a joué un rôle fondamental. Ceci explique la participation active de l’Espagne aux négociations de la dette cubaine, d’autant plus que les entreprises espagnoles sur l’île, en particulier dans le secteur hôtelier, sont nombreuses. De même, la France a conclu de transformer 230 millions de dollars de dette, sur un total de 470 millions, en investissements dans des projets conjoints avec la participation de l’Agence Française de Développement. Cela illustre le calcul coûts/bénéfices des créanciers qui sont disposés à abandonner des dettes publiques pour favoriser les intérêts d’investisseurs privés.

● Repositionnement économique

Cuba est dans une phase de repositionnement externe, après plusieurs siècles où le pays a souffert d’une dépendance commerciale excessive vis-à-vis d’un seul partenaire. Ce modèle, initié avec la couronne espagnole à partir du XVIe siècle, s’est poursuivi avec les États-Unis au XIXe puis avec l’Union Soviétique à partir de 1959 et enfin avec le Venezuela au cours de la dernière décennie. La rupture des relations commerciales et financières avec l’Espagne en raison de l’indépendance puis avec les Etats-Unis en raison de la révolution et enfin l’effondrement économique de l’URSS ont forcé Cuba à adopter un processus de réorientation économique. Plus récemment, la détérioration de la situation économique du Venezuela a conduit les autorités de l’île à initier un nouveau processus de repositionnement économique qui passe non seulement par le rétablissement des relations avec les États-Unis mais également une diversification de ses relations commerciales et financières. La résolution des conflits juridiques liés à la dette cubaine joue un rôle de premier plan dans cette stratégie destinée à attirer le capital étranger et à permettre la réinsertion du pays sur les marchés financiers internationaux. A travers les accords conclus avec ses créanciers, il apparaît que Cuba vise un processus d’ouverture semblable à celui de la Chine, processus dans lequel l’investissement étranger joue un rôle central dans le développement de secteurs économiques spécialisés dans les biens et services négociables. La clé du succès de ce processus résidera dans l’équilibre que le pays saura trouver entre les incitations offertes au capital étranger et le maintien des avancées sociales du modèle cubain. Le niveau élevé de ses services éducatifs, médicaux, culturels, … doit conduire Cuba à ne pas sousestimer son pouvoir de négociation dans le processus d’ouverture. Renoncer à faire jouer ces atouts (éducation, santé, culture, …) dans les discussions avec les investisseurs étrangers et suivre une formule magique de développement dicté par l’extérieur serait une erreur. La nouvelle loi d’investissement à Cuba prévoit des avantages pour les investisseurs. En particulier, ils pourront rapatrier 100 % de leurs bénéfices pendant les premières années. L’économie cubaine a besoin de 2,5 milliards $/an si elle veut s’assurer un taux de croissance annuel du PIB de 6 % et continuer d’honorer ses priorités dans les domaines sociaux. Actuellement, l’État dépense 60 % de son budget dans l’éducation, la santé et la culture, et veut rester fidèle à un socialisme solidaire, juste et durable. L’excellence cubaine dans le domaine médical vient d’être récemment démontrée avec la découverte, par des chercheurs cubains, de l’Heberprot-P, un médicament unique au monde qui traite les UPD (ulcère du pied diabétique). Le produit est directement injecté dans la plaie et permet une cicatrisation rapide, évitant ainsi l’amputation, dans 75 % des cas.

  • Levée du blocus

Depuis le 17 décembre 2014, La Havane et Washington ont signé neuf protocoles d’accord sur diverses questions, telles que les vols directs, le courrier postal, la protection des aires marines et le rétablissement des relations diplomatiques. Les sujets sur lesquels d’autres accords sont en négociation sont la coopération dans les secteurs de la santé, l’agriculture, la météorologie, la sismologie et les aires terrestres protégées. Cependant, Cuba reste toujours interdite de dollars. En dépit des dernières mesures qui modifient certains éléments de l’application du blocus, entre autres l’utilisation du dollar, aucune transaction financière n’a été possible dans cette monnaie. Il est impossible d’effectuer les opérations à travers des banques de pays tiers, qui restent « craintives et préoccupées » face à la possibilité de se voir infliger d’énormes amendes pour avoir traité les transactions cubaines. D’autres restrictions importantes demeurent, comme les limitations aux exportations de produits cubains vers les États-Unis et les barrières que rencontrent les entreprises de ce pays qui souhaitent investir à Cuba dans des secteurs autres que celui des communications. Pour Cuba, la levée du blocus est une priorité, car il porte préjudice à tous les Cubains et à leurs relations avec des pays tiers, y compris les États-Unis. Depuis les annonces du 17 décembre 2014, le sujet de la restitution à Cuba du territoire de Guantanamo reste un autre obstacle dans le processus de normalisation des relations entre les deux pays. Beaucoup de débats entre écrivains cubains portent sur le sens de la reprise des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba. Les uns, comme Eduardo Manet ou Wendy Guerra estiment que ces nouvelles relations diplomatiques sont une chance ; d’autres, comme Zoé Valdès craignent de voir le pouvoir castriste en place relégitimé. Leonardo Padura reste quant à lui serein : « je ne crois pas que Cuba puisse jamais devenir une nouvelle étoile du drapeau américain. La culture cubaine est suffisamment forte pour éviter d’être absorbée. Il y a un mois j’étais à Porto Rico, dans le cadre d’un congrès international de la langue espagnole. Tous les discours des intervenants portaient sur l’importance d’avoir une culture à soi ».

● Association des États de la Caraïbe

La Havane a accueilli, du 2 au 4 juin 2016, le 7e Sommet de l’Association des États de la Caraïbe (AEC). Marie-Luce Penchard, vice-présidente du Conseil Régional, y a représenté la Guadeloupe, membre associé. Dans son discours d’ouverture, Raul Castro Ruz, Président de Cuba, a abordé l’importante question du changement climatique : « Par ailleurs, les phénomènes associés aux changements climatiques, tels que l’élévation du niveau de la mer qui menace l’existence même des petites îles, les cyclones toujours plus fréquents et puissants, les pluies intenses, l’érosion côtière et les sécheresses prolongées causent de graves dommages humains et économiques. Aussi nos gouvernements doivent-ils impérieusement et immanquablement promouvoir la coopération pour réduire les risques de catastrophe et en atténuer les effets, et la situer au coeur même du plan d’action dans un avenir immédiat. L’accord adopté au Sommet de Paris sur les changements climatiques est un point de départ important, mais nous devons continuer d’oeuvrer pour qu’il soit mis en pratique et pour en élargir la portée, toujours selon le principe des responsabilités communes mais différenciées et de la reconnaissance des vulnérabilités des pays les moins avancés, notamment les Petits États insulaires. Nous défendons le principe qu’il faut modifier les modèles de production
et de consommation irrationnels actuels et nous insistons pour que les nations industrialisées fassent preuve de volonté politique pour réduire l’émission de gaz à effet de serre et prennent des engagement sérieux en matière de financement et de transfert de technologie ».

● Javier Sotomayor

Javier Sotomayor est le sauteur en hauteur le plus titré au niveau mondial. Seul athlète à avoir
remporté à deux reprises les Championnats du monde en plein air au saut en hauteur (en 1993 et 1997), il obtient quatre médailles d’or lors des mondiaux en salle (1989, 1993, 1995 et 1999), performance que seul le Suédois Stéfan Holm a réussi à égaler. Vainqueur des Jeux olympiques de 1992 à Barcelone, et médaillé d’argent à Sydney en 2000, il a également remporté trois titres consécutifs aux Jeux panaméricains, et s’est imposé deux fois lors des finales de l’IAAF (1994 et 1998). Sur le plan national, Sotomayor est avec ses douze titres en plein air, le sauteur en hauteur cubain le plus récompensé.

● Chabela Rosell Lam

Chabela Rosell Lam est une chanteuse cubaine résidant en Guadeloupe. Formée de 1984 à 1990 à l’ « Instituto Superior de Arte » de La Havane, elle est arrivée en Guadeloupe peu de temps après. Elle est professeur de chant au Centre es Arts de Pointe-à-Pitre et dans différente écoles de musique. Ses chasons sont aussi bien en français (Les moulins de mon coeur) qu’en
espagnol (Abrazame, Yo te regale, ..) et créole (Doudou pa plere). Elle travaille avec des
artistes internationaux comme le pianiste compositeur espagnol Rolando Bueno Dalmau
ou la soprano guadeloupéenne Eurénice Fardini-Buffon.

● Tatiana Touati

Tatiana Touati née Montalvo Camacho est médecin urgentiste au CHU de Pointe-à-Pitre. Cela fait vingt ans qu’elle a quitté Cuba pour s’installer en Guadeloupe où elle a épousé un français informaticien. Elle souhaite voir grandir la collaboration entre Cuba et la Guadeloupe. Le régime de Castro a beaucoup investi dans la santé, l’éducation et la culture et aujourd’hui le pays a beaucoup de ressources à offrir dans ces domaines. De son côté, la Guadeloupe bénéficie des technologies avancées provenant de France et d’Europe. Les échanges entre les deux îles ne peuvent que leur être mutuellement bénéfiques. La langue, l’espagnol à Cuba, le français en Guadeloupe, ne doit pas constituer une barrière à ces échanges. La Guadeloupe et Cuba ont les mêmes racines (peuplement amérindien, colonisation européenne) et le même environnement géographique.

● Barbara Paulin

Barbara Paulin est venue pour la première fois en Guadeloupe en 1985, comme membre de l’équipe nationale d’escrime de Cuba. Elle a été championne panaméricaine junior au fleuret en 1985 et vice championne panaméricaine senior à l’épée en 1993, la championne étant cette année-là Laura Flessel. Barbara Paulin est revenue s’installer en Guadeloupe comme maître d’arme d’escrime à la mairie de Baie Mahault, où elle a créé le premier club d’escrime de la commune. Elle est aujourd’hui maître d’arme à la salle Laura Flessel à Petit Bourg. Barbarin Paulin a formé plusieurs athlètes guadeloupéens arrivés en équipe de France : Annita Blase (épée), Goram Melina (épée), Yannick Borel (fleuret).

● Julio Acanda

Julio Acanda, célèbre journaliste de télévision à Cuba, est très touché d’avoir rencontré en Guadeloupe tant de personnes qui aiment Cuba. La communauté cubaine en Guadeloupe a adopté l’île comme leur nouveau pays. Ils y ont trouvé une nouvelle façon de vivre qui les épanouit et leur donne mille raisons de croire que Cuba et la Guadeloupe ont beaucoup de choses à partager et recevoir l’une de l’autre.

● Winny Kaona

Winny Kaona est une artiste guadeloupéenne qui interprète des morceaux de biguine depuis 48 ans. Elle est en charge, au sein de Cuba- Coopération-France, des relations entre Cuba et les régions de France. Cuba a des ressources dans de nombreux domaines : médical, culturel, sportif, … Longtemps prisonniers de l’embargo américain et européen, les Cubains veulent aujourd’hui s’ouvrir au reste du monde et, en premier lieu, à la Caraïbes.

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